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Modèles inter-disciplinaires en psy

Modèles inter-disciplinaires en psy Zoom sur Modèles inter-disciplinaires en psy

Travaillant dans le secteur de la psychiatrie, nous devons donc nous pencher sur les modèles plus généraux qui sous-tendent ces pratiques pour les comprendre, voir les utiliser pour conceptualiser notre pratique en ergothérapie. Il nous faut aussi, accompagner leurs modifications progressives, tant du côté de la psychiatrie que du côté de la psychologie.

Deux grandes lignées peuvent nous aider à comprendre notre pratique. D'un côté la psychiatrie et ses évolutions
(science du soin des symptômes) et de l'autre la psychologie (science de la compréhension des processus psychiques, cognitifs et psycho-affectifs, normaux et pathologiques, individuels ou groupaux). Ces deux grandes pratiques se déclinent dans des professions différentes, ont des conceptualisations qui parfois se rejoignent ou s'éloignent et utilisent des outils soit très différents (médicaments uniquement du côté des psychiatres) soit transversaux comme la psychothérapie.




En psychiatrie, s'occuper des symptômes

Dans le courant de la psychiatrie, actuellement le modèle général tend à suivre l'évolution du DSM, qui en est actuellement à sa version 5. Ce que les praticiens, les psychiatres, regrettent parfois, c'est cette insistance à faire entrer les patients dans des tiroirs de symptômes. Le DSM est en effet une classification qui a le mérite d'être générale, mais l'inconvénient de demeurer dans une classification symptomatique permettant ensuite d'utiliser une pharmacologie adaptée.
Il est nécessaire de connaitre ces théories, car elles nous permettent d'entrer en communication avec les autres thérapeutes, sur une base commune. L'intérêt d'une telle vision du patient est qu'elle est claire, commune et référencée, donc "théoriquement" simple.

La clinique psychiatrique ou observation des symptômes, dans la réalité, s'avère très complexe. Il y a une intrication permanente de différents symptômes. De plus, les symptômes ne sont que la partie cachée de l'iceberg et, en psychologie médicale, ils ne sont pas uniquement à considérer comme à réduire ou à guérir.
Certes le patient vient "pour cela", certes l'hôpital et tous les thérapeutes ont pour mission de diminuer les manifestations dangereuses, étranges ou sources de souffrance pour soi-même et pour autrui, certes l'amélioration apparente est, bien souvent, la raison de la sortie du sujet, mais ce n'est pas pour autant que "cela se passe là". Les symptômes visibles cachent en fait, bien des choses, en révèlent d'autres, en masquent d'autres encore. Ils sont l'expression d'un conflit psychologique, d'une inadéquation à la réalité, d'une personnalité pathologique dont les défenses sont dépassées, débordées. Ils est dès lors important, d'essayer de comprendre comment ils se sont constitués et cela nécessite une réflexion psychologique.

Il est toutefois possible de travailler à un niveau symptomatique et d'obtenir des résultats, en essayant de réduire les symptômes apparents et gênants pour le sujet, mais il faut savoir que le risque est que le symptôme se contente de se déplacer où qu’il y ait rechute. Certaines personnes relèvent de cette stricte thérapie symptomatique, selon leurs capacités d'élaboration psychique, d'introspection, de conscience de soi, selon l'âge et la pathologie présentée.
L'inconvénient d'une telle vision est que celle-ci demeure centrée sur les problèmes, les éléments pathologiques et donc "ce qui ne va pas". 

En ergothérapie, cette vision des choses sous un angle symptomatique, ne permet pas d'analyser ce qui se passe dans un atelier, dans le rapport avec la médiation ou l'objet. Il ne suffit donc pas à nous permettre de d'analyser et d'élaborer nos cadres thérapeutiques.
En tant qu'ergothérapeutes, même s'il nous faut pouvoir communiquer avec nos collègues psychiatres, savoir repérer des symptômes ne nous permet pas de pouvoir accompagner les patients dans une évolution psychique et c'est plutôt du côté de la psychologie que nous pouvons trouver des pistes de compréhension. La plupart du temps, les psychiatres eux-même, empruntent des chemins communs à ceux des psychologues, pour analyser leur pratique et ces deux professions ont de nombreuses compétences transversales et notamment la psychothérapie.



En psychologie, se centrer sur le psychisme

C'est plutôt du côté de la psychologie que nous allons pouvoir trouver des modèles nous permettant de mieux comprendre ce qui se passe dans l'utilisation d'une médiation expressive. La psychologie est donc
une science de la compréhension des processus psychiques, cognitifs et psycho-affectifs, normaux et pathologiques, individuels et groupaux.

Les ergothérapeutes "grappillent" des références dans les modèles centrés sur la personne, le plus souvent dans les modèles humanistes ou psycho-dynamique. Actuellement ce sont les TCC (thérapies cognition-comportementales) qui se développent activement, souvent rendues attractives par leurs protocoles très organisés. Les ergothérapeutes utilisant les thérapies ou situations de groupe, peuvent trouver des références dans les modèles centrés le groupe: interactifs, systémiques et familiaux.

Progressivement, lors de la pratique professionnelle, apparaîtront les références qui permettront à chacun et à chacune d'agir avec cohérence. Cohérence avec l'orientation institutionnelle, cohérence entre les thérapeutes, cohérence entre soi et soi, pratique et éthique personnelle. C'est cette cohérence qui est fondamentale. C'est en percevant cette cohérence interne à l'ergothérapeute que le patient pourra chercher lui-même la sienne.



4 grands "modèles" peuvent être identifiés:

  • Le modèle psycho-dynamique ou tenter de comprendre le fonctionnement intra-psychique du Sujet (voir lien)
    • Ce modèle psycho-dynamique est issu des théories psychanalytiques (Freud, Winnicott, Anzieu, etc..). Ces théories sont plus attachées à savoir ce qui se joue dans notre psychisme, en particulier dans sa constitution dans sa relation d'objet. Ce modèle s'occupe donc de l'invisible, la profondeur, l'inconscient et le fonctionnement intra-psychique.
    • Les thérapies qui en sont issues sont la psychanalyse, les psychothérapie d'inspiration analytique et les psychothérapies à médiations, individuelles ou groupales
    • En ergothérapie: Ce modèle va nous permettre de nous pencher plus alors, sur les processus autour de l'être, de la construction identitaire et de tous les processus intra-psychiques. Ce type de processus, permettant une évolution psychique, nécessitent de ne pas être(trop) imposés de l'extérieur, mais plutôt découverts et expérimentés par le patient lui-même, dans un cadre suffisamment sécurisant pour que le patient puisse avancer à son rythme et à sa façon.

  • Le modèle des thérapies cognitivo-comportementales ou tenter de modifier un comportement jugé inadapté ou source de difficulté (voir lien)
    • Il est plus pertinent de parler de thérapies cognitivo-comportementale, plutôt que d'un réel modèle conceptuel. Les théories qui ont donné lieu à cette orientation thérapeutique sont issues des théories de l'apprentissage et du conditionnement.
    • Ces thérapies sont très influencées par les neuro-sciences. Ce type de thérapie se centre plutôt sur ce qui est observable (comportement) et qui gagnerait à être changé pour ne plus faire souffrance pour le patient. Ces thérapies sont très souvent protocolisées, avec des bilans, des objectifs et des vérifications.
    • En ergothérapie: Ces thérapies peuvent nous donner des pistes de réflexion autour des processus d'apprentissage, en approfondissant la connaissance des cognitions et de ce qui se joue dans le faire, au sens de l'action.


  • Le modèle humaniste ou comment entrer dans une relation authentique avec la personne (voir lien)
    • Un autre courant est apparu, en réaction à ce qui était ressenti comme deux impérialismes, psychanalyse et inconscient, TCC et cerveau, c'est le courant humaniste qui s'est développé grâce à C. Rogers et Porter. Actuellement cette troisième voie humaniste qui se voulait modératrice entre psychanalyse et TCC, continue à se développer à travers la psychologie dite positive. Dans cette forme de psychologie, centrée sur les ressources et sur une vision résolument optimiste et active, s'inscrivent par exemple, la théorie du flow, qui semble intéresser de plus en plus d'ergothérapeutes mais aussi d'autres thérapeutes.
    • Les thérapies issues de ce courant sont essentiellement centrées sur la notion de relation d'aide, le plus souvent verbale.
    • En ergothérapie: Ce courant nous propose des moyens pratiques autour de la relation, telles que la reformulation, l'empathie et une réflexion possible sur l'impact de nos attitudes en thérapie, en les adaptant au fait que notre thérapie n'est pas que verbale, mais médiatisée.

  • Le modèle systémique (parfois nommé aussi interactif) ou comment comprendre les interactions au c½ur d'un système familial, de couple ou groupal (voir lien )
    • Les théories qui ont permis la création de ce modèle, sont essentiellement issues des théories autour de la communication et des interactions.
    • Les thérapies proposées peuvent être individuelles, familiales, groupales, stratégiques. Elles visent à susciter des changements dans les interactions entre les individus. Elles sont parfois nommées aussi thérapies brèves et ont donné lieu à bon nombre d'autres types de thérapies dites brèves, qui tendent à proposer un travail orienté vers les solutions et le présent.
    • En ergothérapie: Nous allons nous pencher du côté des processus de communication, des,interactions, des processus de dynamique de groupe. Il nous faudra approfondir ces processus en les vivant nous-même et en les analysant.



Les écrits de cet article témoignent de la position de la créatrice du site, Muriel Launois,
avec un filtre positif pour la position psycho-dynamique
Ces positions n'engagent qu'elle ( et quelques lectures) en cas d'"erreurs philosophiques"...






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