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Atelier d'expression médiatisée

Atelier d'expression médiatisée Zoom sur Atelier d'expression médiatisée


Dans un atelier d'expression, l'objectif principal est de favoriser l'expression de soi. Cela se fait à travers la projection à l'extérieur d'éléments psychiques, la représentation dans la matière, la mise à distance. Il est possible de se centrer uniquement sur l'utilisation de l'imaginaire personnel qui peut ainsi s'exprimer ou d'aller jusqu'à une conscience du sens, d'une façon plus introspective. Il s'agit plus d'utiliser des médiations que des activités thérapeutiques.








Un bref résumé

  • Mots clefs: expression médiatisée, changement interne, processus intra-psychiques, fonction contenante et structurante, élaboration psychique, mentalisation, symbolisation, introspection concrète
  • Cadre: + fermé, confidentiel, espace intermédiaire, confidentialité, contenance
  • Relation thérapeutique: écoute, distance, juste présence, non directivité ou consignes métaphoriques
  • Médiations: Moyens d’expression, sans modèle, médium malléable, objet miroir projectif
  • Groupe: Dynamique de groupe, constitution d’un inconscient groupal
  • Verbal: expression de soi et de ses ressentis, associative, faire des liens, donner du sens
  • Modèles psycho-dynamiques: Freud (intra-psychique), Winnicott (espace T), Anzieu (contenance)


Objectifs et processus thérapeutiques

L'objectif principal est l'expression de soi. Il s'agit donc de laisser se développer des processus thérapeutiques de façon non directive, en respectant le rythme du patient. C'est le patient qui choisit ou non de s'exprimer de façon médiatisée. Cette expression peut-être personnelle ou groupale, avec ou sans consignes proposées.

Les processus thérapeutiques seront centrés  sur les notions d'expression médiatisée, de projection et d'introjection, de création, d'introspection et de fonction symbolique. Les patients pourront expérimenter de nouvelles capacités d'expression, centrées sur leur imaginaire personnel et laissant la place à la dimension de l'inconscient.

Les indications et contre-indications
  • Première intention: Dépression (d'intensité légère ou moyenne, dépressions réactionnelles), névroses, anorexie, alcoolisme (si capacités d'introspection), état-limites. Pour les patients dépressif ou névrotiques, les processus de restauration narcissique ou de sublimation ne doivent pas être visés, du moins dans l'intention première. La restauration narcissique sera souvent moins évidente s'il y a sentiment d'échec ou une trop grande volonté de faire du beau, sans accepter d'intégrer en soi des parties qui peuvent être vécues comme moches ou déranger.
  • Seconde intention: Personnes âgées, psychose en phase plutôt chronique. En ce qui concerne les personnes psychotiques le processus thérapeutique principal sera centré autour de l'étayage de la fonction contenante et de celui de la fonction structurante, défaillantes pour ces personnes. Pour pouvoir utiliser un tel type de travail, une supervision est conseillée.
  • Contre indications: personnes psychotiques en phase aiguë ou personnes n'ayant pas accès à la dimension métaphorique et d'introspection.



Cadre

Le cadre doit être développé dans ses qualités d'intimité, de contenance (psychose) et de confidentialité, de référence à la loi et d'espace intermédiaire favorisant la création. Ce cadre doit être maintenu avec fermeté et fiabilité. La confidentialité est fondamentale, autant pour les thérapeutes que pour les patients qui y participent et cette règle est à énoncer clairement pour permettre une parole libre, sans jugement et sans risque qu'elle ne soit utilisée en dehors du groupe et hors de son contexte. Il s'agit donc d'un cadre fermé et protecteur.

Les règles de réalité y sont bien sûr présentes, et s'y ajoutent des notions d'engagement, de régularité de présence, d'espace intime, de confidentialité. Idéalement, surtout en cas de groupe fermé, les notions de non expression au dehors de ce qui se passe dans le groupe, de non dévoilement, sont à prendre en compte et à faire respecter. Il est important de faire respecter les horaires de début et de fin de séance, le relatif silence durant l'expression, et surtout, les non intrusions extérieures (type visites, passage de personnes venues juste voir, etc...)


Relation trapeutique

L'animation peut être directive s'il s'agit d'un atelier proposant la découverte de matériaux, ou si les thèmes proposés assez larges pour permettre une liberté d'expression, etc....Toutefois, elle gagne à être non directive, durant le temps d'expression, pour permettre l'expression la plus personnelle possible. L'animation redevient plus directive durant le temps d'expression verbale.

La place de l'ergothérapeute : garant du cadre, des limites et des règles ; présence non intrusive ; création possible mais attention aux identifications, confusions, comparaisons et projections personnelles ; à la fois en dedans et de dehors du groupe ; neutralité  importante ;présence thérapeutique non intrusive dans l'observation. Il est important de savoir jouer entre présence proche et distance juste, avec empathie. Une supervision est préférable.

Co-animation possible.
Elle nécessite des temps de reprise après le groupe, et des rôles bien distincts.Il est préférable que l'ergothérapeute puisse assurer l'animation du temps de parole, ou, si c'est un autre thérapeute, que cette personne soit aussi présente durant le temps de création des patients pour ne pas venir en " voyeur " ensuite.


Médiations


Il s'agit plus d'utiliser des médiations que des activités thérapeutiques. Les matériaux gagnent à être variés, les techniques simples et ne nécessitant pas d'apprentissage trop technique ou de modèles. Il est préférable de limiter voir de ne pas autoriser les entrées et sorties de matériel, et, en tout cas, il faut penser cet état de fait. Il est possible de se limiter à une seule médiation ou de proposer des passages inter langagier entre plusieurs matériaux ou techniques. Plus les matériaux peuvent être variés, plus l'expression créative sera possible. Il est toutefois possible d'utiliser une seule médiation. Dans ce cas un travail plus approfondi grâce à ce choix unique, sera possible. En effet, si une difficulté se présente, un ressenti qui dérange, une émergence inattendue, la personne ne peut "se réfugier" dans un changement d'activité. Les expériences signifiantes importantes pour ce type d'atelier seront préférentiellement les expériences projectives et créatives, identitaires et relationnelles. (voir expériences signifiantes).

Exemples: atelier d'argile, de photo, de papier, de collages, de masques, de marionnettes, de peinture, de dessin, de travail sur matériaux hétéroclites en volume, (en offrant le choix de la participation ou non à ce groupe, surtout s'il n'y a qu'une seule médiation) ou même polyvalent au sens d'une multiplicité de matériaux. (en limitant le nombre d'activité, par exemple, pour les personnes psychotiques)

Le destin des productions : Elles demeurent dans l'intimité de l'atelier et n'en sont pas sorties, ni par le patient, même pour le montrer à d'autres thérapeutes, ni par l'ergothérapeute sauf pour des raisons de supervision et après en avoir averti le patient qui donnera son accord ou pas. Les productions sont protégées et leur devenir est décidé en fin de thérapie par le patient. Leur destruction ou leur abandon ne peut avoir lieu que dans ce temps prévu à l'avance. Parfois les créations personnelles ou collectives peuvent être sorties de l'atelier, voire exposées, si cela est présenté en début de thérapie, comme faisant partie intégrante du cadre.Nous ne sommes plus alors dans une intention de psychothérapie médiatisée.




Modalités

  • Le temps de séance varie de 1H à 1H3O selon les populations reçues, mais est le même pour tous les participants du groupe.
  • Les temps de parole sont nécessaires, en fin de séance.
    • Ils peuvent être centrés sur l'objet et la production, mais dans sa dimension imaginaire: c'est le IL ou ELLE ( personnage, marionnette, histoire, collage, dessin, etc...)sur lequel se projette le patient, dans la distance. Cette distance permet une mise en scène et donc un travail dans la métaphore, dans la dimension symbolique. La personne ne parle pas d'elle directement, mais c'est tout de même d'elle dont il s'agit. Il est également possible de proposer une parole sur le ressenti de la séance ou sur ce que la personne souhaite évoquer.
    • Si l'intention est de proposer une psychothérapie médiatisée, C'est autour de la mise en mots, après la mise en représentation, que s'inscrit la dimension d'introspection. Les reprises verbales de l'ergothérapeute seront centrées sur le JE et les liens: liens entre création et ressenti, création et histoire, ressenti et souvenirs personnels, vécu face à la médiation et histoire personnelle, etc...Le temps de parole doit être suffisamment long. (Par exemple, 30 minutes sur une durée d'1H30.) 


  • Si la thérapie est proposée de façon groupale c'est la notion de dynamique de groupe qui va jouer un rôle fondamental
    • Les personnes névrosées, déprimées, états limites et anorexiques peuvent en bénéficier en grand groupe, 6 à 8 personnes afin de permettre un vrai temps de parole à chacun des participants. Les personnes psychotiques ayant une expression plus crue, plus archaïque, et plus dispersée, gagnent à être plutôt entre elles et en plus petit groupe (5 à 6 personnes).
    • Un groupe fermé est nécessaire, sur un temps suffisant (semestriel ou annuel) pour permettre aux patients de se constituer une identité groupale et un sentiment de sécurité permettant une parole authentique et profonde. Un groupe fermé est donc préférable, mais il est également possible de travailler avec un groupe lentement ouvert, ou même ouvert, à condition qu'un noyau groupal de personnes se connaissant puisse assurer un sentiment de groupe suffisamment continu et sécurisant qui puisse accueillir la parole de chacun de façon respectueuse.
    • Dans la cas de créations personnelles libres: le groupe va se proposer comme soutenant la créativité personnelle, par l'élan créatif de chacun qui se communique aux autres, par les échanges verbaux mais aussi durant les moments créatifs, de façon consciente ou non. Ce type de situation va permettre aussi d'avoir conscience de son espace personnel et le conserver en situation de groupe, l'affirmer, le défendre, pouvoir être en groupe sans se confondre à autrui.
    • Dans le cas de consignes collectives et de créations personnelles:  Les notions de comparaison au sens positif mais aussi avec le risque d'un sentiment de différence au sens d'un sentiment d'infériorité sont possibles. Les personnes vont pouvoir expérimenter un partage, un sentiment de communauté, l'enrichissement de la palette personnelle, la découverte d'autrui et la prise en compte des différences. Expériences d'autonomie, d'indépendance, de co-dépendance, d'éprouver le soutien du groupe.
    • Dans la cas de véritables créations groupales: Le narcissisme personnel pourra être étayé par le narcissisme groupal; Les dimensions de la dynamique de groupe (illusion groupale, création d'un moi groupal, étayage groupal, etc..) seront expérimentées, ainsi que la possible constitution d'un appareil psychique groupal


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