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Hypno-relaxation

Une fois la partie de relaxation active achevée, l'hypno-relaxation est proposée. Ce terme est une création personnelle et ne veut probablement rien dire pour des puristes de ces deux pratiques. En effet, classiquement, le/la thérapeute a des intentions précises (proposer un état de détente agréable ou favoriser un travail hypnotique) et le/la patiente a des attentes également (oublier, dormir, flotter agréablement, mieux prendre soi de soi, s'écouter, se découvrir). Ces deux types d'attente, avoir l'intention de ne rien faire ou l'intention de modifier quelque chose en soi, peuvent donc sembler aux antipodes. Le mélange de ces deux noms peut donc sembler une "hérésie"...

Plutôt que d'opposer ces deux pratiques, il est possible de les proposer comme une sorte de continuum que le/la participante pourrait alors parcourir, plaçant le curseur de son ressenti à un niveau où à un autre, suivant l'humeur du moment, le besoin du jour, le ressenti de la séance, l'intention de la personne ou peut-être autre chose encore...Ce continuum peut commencer à s'installer lors de la réflexion sur les différents états de conscience que les participants peuvent découvrir lors de la pratique de cet outil et s'inscrit également dans la façon de présenter les intentions de la séance. Il est indiqué aux participants, que c'est selon leurs propres intentions, capacités, compétences, ressentis, qu'ils vont entrer dans un état de relaxation, de méditation ou de transe. Ainsi l'intention est remise entre les mains de la personne qui pratique et non pas entre les mains de la thérapeute.



Des états de conscience modifiés
La notion d'état de conscience qui va se modifier durant la séance ne pose généralement pas de problèmes aux participants, au sens où ils ne s'interrogent que peu sur la notion de conscience ou d'intention. Le fait d'être conscient ou non, de dormir ou de flotter, d'être ailleurs ou d'être présent à soi-même est, le plus souvent, constaté en fin de séance, avec un sourire un peu gêné pour ceux qui ont ronflé, un air un peu étonné pour ceux qui se trouvaient dans un ailleurs indéterminé ou un sentiment de contrariété pour ceux qui n'ont pas pu se relâcher et dont l'esprit a continué obstinément à penser en boucle. C'est le rôle de la thérapeute de pouvoir leur proposer de commencer à se demander comment leur corps et leur esprit entrent en lien. Il n'y a pas de réponse à donner, mais des questions à soulever...(voir liens corps esprit)

Une rapide explication des différents états de conscience permet de donner des références aux participants. Cette explication est simplifiée. Elle est souvent accompagnée de gestes des mains, pour en proposer une représentation spatiale, comme si les états de conscience étaient situés sur une échelle métaphorique, permettant de descendre, de plonger à l'intérieur de soi-même. Cette échelle n'est en rien logique, scientifique, prouvée ou rationnelle. Elle est une proposition métaphorique pour commencer à imaginer la qualité du lien entre le corps et l'esprit, qu'il soit dissocié comme en transe hypnotique ou intensifié par la pleine conscience.Dans tous les cas il s'agit de commencer à penser ce lien, à le rendre plus vivant, à le mettre en travail. (voir états de conscience)

  • État vigile: ce niveau est décrit comme l'état de conscience habituel dans la vie quotidienne, un niveau où l'esprit est en éveil.La concentration peut être vague, largement centrée ou centrée sur un sujet, une situation.
  • Méditation: ce niveau est décrit comme permettant de relier corps et esprit, au sens ou l'esprit vient s'installer dans le corps pour y écouter les sensations en pleine conscience. La concentration se focalise sur soi, ses sensations, une idée, une image.
  • Transe hypnotique: la transe est décrite comme un moment que chacun a pu connaitre dans sa vie quotidienne, comme par exemple un moment où, conduisant une voiture nous pouvons nous retrouver dans un endroit où nous avons l'habitude de nous rendre. La dissociation entre le corps et l'esprit est ainsi décrite comme le corps qui se met en pilotage automatique et l'esprit qui ferait autre chose.
  • Ondes alpha: Le rythme alpha est un rythme cérébral qui se manifeste lorsque la personne est éveillée, ferme les yeux et se détend. Ce rythme présente à l'EEG, des ondes de grande amplitude. Cet état est décrit comme une sorte de flottement, permettant à l'esprit de ne plus être tout à fait conscient, plus tout à fait dans les sensations corporelles, dans une sorte d'ailleurs.
  • Sommeil: La dernière étape de cette plongée métaphorique est indiquée comme étant celle du sommeil, étape où l'esprit n'est plus du tout dans la conscience du corps ou dans les pensées


Des intentions
Cette seconde partie de la séance, consacrée à l'hypno-relaxation, se déroule donc allongé(e). L'accent est mis sur la position du corps, mais cette fois pour qu'elle soit la plus confortable possible pour permettre un lâcher prise musculaire le plus complet possible.  Des coussins divers permettent une bonne position des vertèbres cervicales. De même des rouleaux de tailles diverses favorisent une bonne installation lombaire grâce à la surélévation des genoux. La cambrure naturelle est ainsi effacée. Ces aides extérieures peuvent progressivement disparaître lorsque la détente est acquise plus facilement. Cette position incline plus à la relaxation, voir au sommeil, mais elle est la plus appréciée des patients.

Les intentions des thérapeutes et des patients, qu'il reste toujours possible de nommer objectifs, sont déterminants quand aux résultats de la séance. Se relaxer ou entrer en transe ne font pas appel aux même attentes et aux mêmes représentations fantasmatiques. La plupart du temps et ceci dans les deux cas de figures, les personnes en soin ont tendance à se remettre entre les "bonnes" mains de la thérapeute. L'attendu conscient ou inconscient se situe souvent autour d'une attente d'être cocooné, pris en main, porté, bercé voir même influencé, soumis, hypnotisé...Le fait d'indiquer aux personnes que la séance va s'orienter vers la relaxation ou vers l'auto-hypnose, essentiellement en fonction de leurs intentions conscientes ou inconscientes, permet de leur rappeler que leurs corps et leurs esprits sont à eux. Et ils en sont parfois un peu surpris...(voir relaxation, hypnose ou méditation)

Ce qui vient de la relaxation
La technique proposée  est proche de la technique de Schultz, qui propose, dans un parcours mental codifié de tout le corps, de se répéter à soi-même, "mon bras est chaud" ou "ma main est lourde". Cette technique propose d'expérimenter chaleur et pesanteur, d'une manière proche d'un travail en auto-hypnose, mais l'induction de la sensation à ressentir est très directive, voir même trop. En effet, durant plusieurs mois d'expérience de cette pratique avec des patients essentiellement dépressifs, les tentatives se sont soldées par de nombreuses résistances, opposition, réactions, angoisses et surtout des sentiments d'échec des participants de ne pas pouvoir ressentir ce qui était demandé ou induit.  Ce sont, effectivement, les sensations de chaleur et de lourdeur qui sont le plus fréquemment retrouvées, mais si elles sont induites par la thérapeute, cela place le sujet en position de devoir ressentir cette sensation. Or dans un service de psychiatrie, cela risque de provoquer, résistance, opposition ou illusion magique, passivité et dépendance. Projeter sur autrui les "bonnes" sensations de détente à ressentir ne semble pas favoriser une situation propice à la découverte de soi-même. (voir intentions et inductions)

Ce qui vient de l'hypnose et auto-hypnose
L'état de transe hypnotique propose lui, une dissociation psychique, qui peut sembler proche de la double conscience vécue en relaxation, mais avec une intention de provoquer un travail de l'esprit sur l'esprit,  et dans ce cas, plutôt de la conscience sur l'inconscient. Le relaxation va utiliser la conscience pour détendre les muscles, ou des visualisations agréables pour obtenir un lâcher prise. L'hypnose Ericksonienne va permettre à la personne de se relier à ses ressources intérieures et à les inciter à se mettre au travail. Donc non seulement l'esprit reste actif, mais les images-pensées doivent donc être issues de la personne et de son imaginaire singulier.

Les outils proposés par l'hypnose Ericksonienne sont tissés intimement dans toute la séance. Il ne s'agit pas d'une pratique d'hypnose formelle.  D'une part car il s'agit principalement d'une pratique groupale, ne favorisant pas une véritable prise en soin individualisée et d'autre part car les patients hospitalisés peuvent, à tout moment, sortir d'hospitalisation sans que le travail entamé dans les groupes de thérapie, considéré comme une co-thérapie, soit achevé.  Les outils principalement utilisés durant les séances seront des suggestions post-hypnotiques telles que des invitations à "se sentir libre de" ou à "s'autoriser à", favorisant une auto-détermination de la personne. Il peut également s'agir de propositions de type affirmatives: "quand vous ferez votre propre séance", soulignant que cela va bien avoir lieu un jour ou des suggestions que telle ou telle action peut avoir tel ou tel impact, "ou encore autre chose", ouvrant des perspectives à de véritables ressentis personnels singuliers. (voir intentions et inductions)



Un parcours mental intégratif
Lors de l'hypno-relaxation, il s’agit de proposer d'un parcours mental, d'une mobilisation de l'esprit dans diverses zones corporelles. L'idéal, pour ne pas multiplier les excitations externes, serait un travail sans musique. L'angoisse de vide de certains patients a conduit à conserver une enveloppe sonore rassurante. Progressivement la musique vient s'inscrire au côté de la voix de la thérapeute et , lors des moments où la parole s'arrête, la présence sonore permet d'expérimenter un temps personnel de "solitude en présence des autres" tel que le définit Winnicott. Les musiques sont choisies, oscillant entre enveloppantes, «berçantes » ou « planantes » suivant les personnes présentes dans le groupe.Les premières sont plus enveloppantes avec un rythme régulier proche de celui du c½ur humain et les secondes ont moins de mélodie, souvent vécues comme "vides ou plates" par les musiciens et favorisant une dissociation.

Une ligne directrice est proposée sous la forme d'une descente progressive, de la tête aux pieds. Ce sens de travail est proposé car il permet d'utiliser un champ sémantique de mots tels que: descendre, glisser, plonger en soi, balayer de la tête aux pieds, couler...permettant d'induire un lâcher prise faisant écho à cette descente progressive. Les zones du corps sont successivement nommées, explorées, d'une façon qui se rapproche de la technique de Schultz. Cette notion de parcours mental redonne à la personne une possibilité de se centrer, au double sens: au sens physique (densité du corps et points de contacts, issus de l’activation du canal sensoriel tactile, déjà éprouvé lors des auto-massages) et au sens psychique (conscience de soi qui peut rassembler les ressentis, les mettre en mots et entrer dans la conscience du lien corps-esprit).

L'écoute du corps et de ses sensations est donc proposée comme pouvant osciller entre deux façons d'éprouver, en soulignant aux participants qu'ils ont la possibilité de se situer plutôt dans une intention d'écoute simple du ressenti dans un lâcher prise réceptif, soit de se situer dans une perspective d'un faire quelque chose de plus intentionnel avec leur esprit, pour favoriser différentes sensations (chaleur, expiration, inspiration). Entre relaxation et hypnose. Entre conscience et inconscient.

Ce parcours est organisé en quatre étapes, autour des sensations de sécurité, de chaleur, de l'expiration et de l'inspiration. Au cours de cette étape, la pleine conscience de la respiration s'intègre dans les deux dernières étapes de conscience de l'expiration puis de l'inspiration. Ces deux expériences sont artificiellement séparées pour favoriser une découverte progressive, mais il est clairement indiqué aux participants que lorsqu'ils pratiquent leur propre séance, l'écoute de la respiration peut se faire d'une manière plus unifiée, dans l'alternance inspir et expir. Les inductions métaphoriques seront priorisées lors de ce travail. (voir Inductions et métaphores)

  • La bulle de sécurité: le travail autour du sentiment de sécurité a déjà été préalablement installé par le temps de automassages (voir fonction contenante). La bulle sonore est proposée durant cette exploration intérieure, vient renforcer la contenance de la dimension spatiale de la pièce (voir habiter l'espace). Cette enveloppe de sécurité peut également être soutenue par l'utilisation de couvertures, par l'invitation à trouver sa place dans la salle. Ces divers éléments sont donc nommés, soulignés pour permettre à la personne d'entrer en conscience de cette bulle concrète de sécurité. Il est également possible d'utiliser la notion de lieu sûr, tel que le propose l'hypnose Ericksonienne. Il est possible de parler de lieu de détente, de lieu sacré, du fait d'être chez soi, de lieu sûr, de lieu sécure. Cette constitution d'un lieu de sécurité imaginaire est présentée comme la prolongation dans l'esprit, du travail concret dans les sensations corporelles. Enfin, la notion de l'enveloppe corporelle issue de la peau est nommée clairement, et la référence du Moi-peau de D.Anzieu peut même être abordée. (voir métaphore de la peau)
  • La notion de chaleur: La conscience de la chaleur est une étape qui s'inscrit progressivement au fil de la séance, lors des temps d'écoute des sensations. Après chaque automassage, l'attention des participants est attirée sur les sensations et perceptions corporelles, et la chaleur est l'un de ces ressentis possibles. Le sentiment de chaleur est relié à la circulation sanguine. Il est indiqué que la chaleur peut être éprouvée de façon superficielle (contact des mains ou des vêtements) ou de façon profonde (proprioception). Des images liées à des couleurs chaudes peuvent être proposées: ainsi, après le massage des oreilles, il est demandé aux participants de se demander, si la chaleur pouvait être représentée par une couleur, si leurs oreilles serait plutôt jaunes pâles, oranges, dorées ou rouges, voir rouge intense. Pour les personnes ayant un canal visuel préférentiel, l’image d'un lieu de chaleur peut venir s'inscrire à partir de la trace mémorielle perceptive éveillée dans le corps. Lors du temps d'hypno-relaxation une invitation est faite à laisser l'esprit chercher la zone du corps qui semble la plus chaude. Il est rappelé que cette zone peut être l'un des trois réchauffeurs chinois (voir métaphores chinoises) ou toute autre zone du corps. Les participants sont invités à remarquer s'ils ont une conscience de surface ou de profondeur, associée ou non à une image ou une pensée, ou juste à un ressenti. Il est également indiqué que si la personne le souhaite, elle peut tenter d'installer une sensation de chaleur dans une zone du corps qui peut en avoir besoin. Une invitation proche de l'auto-hypnose, proposée comme une potentialité.
  • Le travail sur l'expiration: La conscience de la respiration est importante car elle fait du lien entre dedans et dehors. Le temps de l'expiration est décrit comme étant le temps le plus passif. L'expiration est décrite sur un plan anatomique, en indiquant les différentes zones où elle peut être ressentie et le fait qu'il s'agit de mettre hors du corps "ce qui n'est plus bon pour soi". Le temps de l'expiration est proposé comme permettant d'expérimenter la lourdeur, le corps qui s'étale, les points de contacts qui augmentent, le corps qui semble s'élargir ou se dilater, le sentiment que quelque chose descend ou balaye le corps comme une vague ou un souffle ou encore autre chose...Là encore, il est possible d'inviter les participants à éprouver leurs ressentis singuliers ou à expirer plus intentionnellement dans une zone du corps qui pourrait en avoir besoin. Les participants sont tout à fait libres d'apprécier simplement l'expiration en se laissant aller  ou d’utiliser leur esprit, leur intention,  leur imaginaire pour expirer dans ou à travers une zone, imaginer qu'un fluide s'écoule du corps ou que le souffle balaie ce qui n'est plus bon pour le corps, ou toute autre chose...
  • Le travail sur l'inspiration: Le temps de l'inspiration est un temps un peu plus actif. Néanmoins, il est tout à fait différent de "prendre l'air extérieur" ou de "laisser le souffle entrer à l'intérieur de soi". il est possible d'entrer en conscience de l'inspiration sur un plan anatomique, en proposant de suivre le passage de l'air, de ressentir la dilatation que permet le passage dans l'air dans les différentes zones du corps: nez, bouche, gorge, poumons, diaphragme et ventre. Les participants sont invités à écouter leur inspiration, la manière dont ils la perçoivent (globale ou dans une zone particulière, en surface ou en profondeur). La conscience du souffle qui entre dans le corps devient l'occasion d'éprouver que l'on inspire quelque chose de bon pour soi: lumière, bulles de couleurs fraiches ou d'oxygène, énergie, souvenir agréable, mots ou toute autre chose que la personne pourra ressentir, imaginer, penser. L'inspiration peut être utilisée comme source de métaphores de changement, d'évolution. (voir métaphore de l'énergie, de transformation de soi)


Le rituel dit « de reprise », dans la plupart des techniques corporelles, permet le retour à la réalité et au mouvement, à la conscience des autres personnes dans la salle, à la conscience du temps écoulé. La notion de retour à la réalité est importante et se fait de différentes manières: soit par une augmentation des inspirations comme des soupirs, soit par le retour de mouvements lents et progressifs, soit par une remontée progressive dans
la conscience des sensations du corps. Cette dernière est alors augmentée, exagérée pour favoriser une plus grande oxygénation et donc un réveil progressif avec envie de bouger et de mobiliser progressivement le corps. Une invitation verbale proposant un retour à la conscience des sensations et de leur éventuelle modification est proposée (respiration, contact, température, etc).

Cette invitation à l’écoute du lien corps et esprit va ouvrir un temps de parole, soit spontané soit incité par des questions les plus ouvertes possibles: l’esprit était-il centré sur la musique, les sensations, des images ou des pensées? Corps et esprit étaient-ils ensembles? Détendus ?
L'un était-il plus actif que l'autre? Sommeil et sensations de flottements entre deux, chaleur et pesanteur, sont fréquemment évoqués pour décrire les ressentis de la séance. L'esprit actif est souvent décrit comme un trop de pensées qui dérangent, qui agitent, qui insistent et tournent en rond. L'utilisation de dessins du corps, de silhouettes ou des empreintes de pied, peuvent venir en complément pour favoriser la conscience de soi et la parole. (voir se donner du temps, dans modalités)



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