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Intérets et limites de l'action

Intérets et limites de l'action Zoom sur Intérets et limites de l'action
Les intérêts de l'action sont nombreux et sont développés dans les différents articles proposés. L'action permet à la personne de retrouver des capacités à se prendre en main, au propre et au figuré, d'agir sur la matière, de se confronter au principe de réalité. La personnes redevient actrice de sa vie, exerce des fonctions cognitives nécessaires à l'action et peut faire l'expérience concrète de situations nécessaires à son évolution psychique.

Enfin, le simple fait d'agir, soulage l'angoisse, situation que tout le monde a pu vivre un jour ou l'autre, de façon pragmatique. Ce soulagement de l'angoisse est sous-tendu par tout un travail intra-psychique, non visible, mais qu'il est important de pouvoir analyser et comprendre. (voir 
angoisse et élaboration psychique). Cette notion d'action mérite aussi, d'être bien réfléchie pour ne pas basculer dans un activisme excessif, empêchant alors la personne de se poser et de prendre du temps. Il ne s'agit pas de faire pour faire, car le faire doit permettre de conduire à l'être.



Agir pour redevenir acteur /actrice de sa vie


L'action est souvent le premier processus visible, puisque d’emblée il va permettre à la personne de se situer comme actrice de sa vie, d'exercer ses possibilités cognitives et affectives, d'utiliser ses capacités restantes et de ne pas ce centrer uniquement sur ses difficultés et sa souffrance.

L’action, la volonté d’agir, les capacités d’organisation pour agir, sont issus , en partie du moins, de la part consciente du Moi de la personne. C’est le Moi qui permet de mettre en forme au dehors (à travers les matériaux, la technique, les objets réalisés) ce qui se trouvait au dedans (pulsions, conflits psychiques, souffrance intérieure, projection de rêves, fantasmes, désirs). L’action engage donc une dimension psycho-affective mais aussi cognitive.

La relation proposée en ergothérapie, est une relation active. Il ne s'agit pas seulement d'entrer en relation verbale avec le sujet, mais de lui proposer d'être actif. La relation proposée par un(e) ergothérapeute est basée sur la principale notion qu'un sujet peut encore, malgré tout ses troubles, agir par lui-même, de façon plus ou moins guidée, soutenue, aidée. Plus grande est la confiance du ou de la thérapeute dans les capacités de la personne à œuvrer pour son mieux-être, plus grande sera la possibilité offerte à la personne d'agir. L’action engage le sujet avec ses possibilités et ses faiblesses, ses forces et ses limites. Cela lui permet donc, de ne pas se centrer uniquement sur ses troubles.

La thérapie proposée en ergothérapie se propose donc de soutenir le moi de la personne, et d'éveiller ses capacités de mise en mouvement. Une action sur la matière, malgré tout apprentissage technique, sera personnelle à chacun. La façon de faire est enracinée avant tout, dans la façon d’être. Il ne s’agit pas tant d’apprendre correctement une technique manuelle ou créative, que d’aider le sujet à trouver sa propre façon de faire. Cela permet au sujet de s'approprier cette façon d'agir et de l'expérimenter hors du champ de contrôle de l'ergothérapeute, donc d'utiliser au mieux les capacités de son moi. La personne peut ainsi laisser une trace d'elle-même dans la matière qui devient un témoignage des capacité de l'individu à agir sur l'extérieur.

D'une certaine manière le sujet a une attente, parfois des demandes très explicites, adressées à l'ergothérapeute. Le patient(e) se situe le plus souvent, dans une relation de passivité et de dépendance vis à vis du ou de la thérapeute. Il appartient donc à l'ergothérapeute d’être vigilant(e) face à cette situation dans laquelle le sujet lui-même, pourrait lui donner fantasmatiquement, tout pouvoir sur lui ou elle-même et de demeurer dans une situation de dépendance. Notre visée thérapeutique soutiendra donc toutes les situations possibles allant vers l’autonomie.



Activité ou activisme

Cette notion d'action est parfois, trop précoce pour certaines personnes. Il devient alors nécessaire de revenir à des processus plus archaïques, régressifs, impressifs, liés aux sensations corporelles, avant de pouvoir ré-inscrire la personne dans une dimension plus active.Il est donc parfois nécessaire d'en passer par des techniques plutôt passives et réceptives. Ou bien encore de contourner cela par l'utilisation de musique dans la salle, par des jeux ou des techniques de groupe créatives permettant à la personne de ne pas se comparer ou se sentir seule. Parfois, il est possible tout simplement de laisser la personne être simplement présente dans la salle, lire, s'asseoir, etc…Des lectures communes, des discussions à partir de films, des discussions à thème sur des sujets de vie pratique et quotidienne, de loisirs, peuvent également faire partie des techniques utilisées avec des personnes passives ou refusant d’agir.

Le fait de proposer une situation relationnelle où la personne peut se mobiliser plus ou moins par-elle même a déjà été souligné comme susceptible de positionner le ou la patiente comme sujet acteur de sa thérapie, acteur de sa vie. Or pour certaines personnes, cette proposition symbolique est inacceptable. En effet, leur inactivité vient exprimer quelque chose de symptomatique et il serait illusoire de croire que le fait de faire quelque chose va leur redonner le goût, l'habitude, l'envie, l'obligation, ou l'impulsion de faire à nouveau quelque chose. Des sujets dépressifs, clinophiles, opposants, passifs, signifient un message d'origine psychique qu'il est important de respecter, de laisser se déployer, d'aider la personne elle-même à en écouter la portée. En ergothérapie, il est clair que proposer à des sujets des techniques manuelles actives à ce stade, "tombera à côté de leur problématique". Il y a un grand risque de dévalorisation malgré des techniques simples, une grande difficulté à choisir, à faire et à en tirer du plaisir. Il faut donc parfois, aussi, savoir attendre, ne rien faire et se méfier des stimulations par trop « vigoureuses ».

Il est également important de savoir résister à la tentation de l'action pour l'action, de l'activisme à tout crins et de l'occupation comme modalité de lutte contre le vide ou l'inertie, des patients ou de l'institution. Les demandes institutionnelles d'occupation des patients sont fréquentes et il est nécessaire de toujours re-situer l'activité comme une thérapie, donc nécessitant un cadre et une prescription médicale, ainsi qu'une prise de note, des post-groupes ou des synthèses.




Le jeu

L'action va permettre à la personne de retrouver une certaine maitrise , de lui ou d'elle, des objets, d'une situation. Ainsi la personne ne demeure pas en position passive d'"objet de soins". Toutefois, cette notion de maitrise peut sembler parfois très anale et surtout illusoire concernant certains aspects de la réalité extérieure parfois lourds, traumatiques ou difficiles à modifier. Agir, dans le sens d'une tentative de maitriser une pulsion, une situation, une émotion, permet donc l'expérience d'un certain contrôle, mais présente aussi des limites. Pour permettre à la personne de supporter le poids de sa réalité extérieure et celui de son angoisse intérieure, une certaine "légèreté" est parfois importante. Les notions de plaisir et de jeu prennent alors toute leur valeur. (voir le plaisir dans l'éprouvé)

Winnicott nous rappelle que c’est seulement en jouant que l’individu utilise tout son potentiel créatif et développe toutes ses possibilités. Il insiste également sur le fait que le ou la thérapeute ne pourra rencontrer vraiment la personne que dans cette dimension. Il explique que c’est dans le chevauchement possible des aires de jeu du thérapeute et du patient que peut se jouer une véritable psychothérapie. Il est donc important que l'ergothérapie pour accéder à un statut de psychothérapie médiatisée, puisse entrer dans cette dimension du jeu.

La dimension ludique, sous forme de jeux (games) ou sous forme de la capacité à jouer avec les mots, avec des matériaux (playing) sont des moteurs utilisables en ergothérapie. C'est parfois dans l'apparente légèreté du jeu que peuvent se glisser des expressions très personnelles, dans la confiance. Pour aider la personne à retrouver cette capacité de jouer, de faire comme, de se laisser aller, il est important que le ou la thérapeute soit lui-même dans cette dimension.

Le jeu et le plaisir peuvent venir aussi d’une atmosphère. Le rire est ainsi de plus en plus présenté et utilisé comme une forme de thérapie. L’humour est ce qui permet une distanciation de soi-même et une vision de ses troubles différente. Le fait de rire détend le diaphragme, améliore la respiration et permet la production d’endorphines. Des thérapies par le rire existent, depuis la clown thérapie en passant par des techniques respiratoires visant à débloquer le diaphragme. Il est possible de proposer des jeux, des listes de plaisir, dont un, deux ou trois à se faire quotidiennement, de choisir une technique manuelle agréable à découvrir et à pratiquer, de baser une prise en charge sur ce critère principal, d'être un(e) thérapeute humoristique, etc…



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