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La liste des plaisirs

La liste des plaisirs Zoom sur La liste des plaisirs Ou comment créer ensemble 



Un jeu d'expression autour de la création
d’une liste des petits plaisirs du quotidien,
permettant une expression groupale autour de ce thème.





L’histoire
"Et si le plaisir était comme un exercice régulier à retrouver, à faire ? Et s’il était comme un nouveau vêtement à endosser, de nouvelles habitudes à créer ? Et s’il était comme un muscle à refaire travailler ? Des neurones à réveiller ? Un nouveau souffle à ressentir ? Ou peut-être autre chose ?  Une proposition vous est faite d'écrire des petits plaisirs du quotidien, ceux que vous aimez faire, ceux que vous voudriez faire, ceux que vous voudriez vivre et ressentir. Soir pour en faire votre propre liste à consulter souvent, soit pour créer une liste collective et réfléchir ensemble à ce qui peut apporter du plaisir."


Matériel
De petits rectangles de papier de couleur, des stylos, des pions et un dé.


Jeu
Chaque personne écrit sur les rectangles de papier, 4 ou 5 petits plaisirs du quotidien. (Un coup de téléphone à un ami, un carré de chocolat, un livre ou un bain chaud). Il est important de bien préciser que ces petits plaisirs doivent pouvoir être réalisables au quotidien. Tous les papiers sont retournés, face écrite cachée et constituent alors, les cases du plateau de jeu. Ces papiers peuvent être posés sur la table ou sur un tissu. Les personnes déplacent leurs pions à l’aide du dé, dans le sens souhaité par la personne. Lorsqu’un papier est dévoilé, il est lu par la personne dont le pion est parvenu sur cette case. Une discussion autour du petit plaisir trouvé s’amorce et permet échanges et associations d’idées. Le jeu s’achève quand tous les papiers sont dévoilés.

Il est possible alors d’aller vers deux types de créations concrètes:

• L’écriture de sa propre liste de plaisirs en reprenant les petits plaisirs écrits au départ et en y ajoutant d’autres découverts lors du jeu, après les échanges avec les autres personnes. Cette liste concrète est proposée comme un pense (pas) bête à conserver chez soi, avec pour « mission » d’oser réaliser au moins « 3 kiffs par jour », titre d'un livre de Florence Servan-Schreiber.

Savourer lentement un carré de chocolat

Apprécier la vue d’une fleur, d’un arbre, d’un paysage en respirant calmement

Téléphoner, rencontrer un(e) ami(e)

Se masser les pieds, le ventre, le corps

Lire un bon livre

Écouter une musique calme ou entraînante sans rien faire d’autre qu’ouvrir ses oreilles

• La réalisation d’une grande liste collective à visée d’affichage, comme une création qui pourra transmettre l’expérience des participants à d’autres personnes. Cette création va offrir la possibilité de réfléchir aux plaisirs qui peuvent sembler pertinents, au sens d'être signifiants pour d'autres, au sens d’universels et communs aux humains. Cette affiche peut prendre diverses formes, selon le sens symbolique que le ou la thérapeute, ou le groupe souhaiterait lui donner : un vêtement de papier, un nuage, une bulle, etc…


Processus thérapeutiques
L’expression autour du plaisir semble être le processus thérapeutique principal, mais il est important de se souvenir que cette évidence apparente, n'est qu'un prétexte à une expression qui puisse laisser apparaitre un autre discours dans ses interstices. La dimension apparente d'une sorte de coaching, très à la mode, gagne à ne pas devenir un objectif trop volontariste ou intentionnel. Il n'y a qu'à faire une recherche sur internet autour de la liste des plaisirs, pour découvrir à quel point ce type de proposition est présent sur la toile, souvent comme une incitation consommatrice au plaisir, censé conduire au bonheur. Il est donc possible de s'appuyer sur cette tendance, mais à condition de ne pas en être (trop) dupe. D'autres processus thérapeutiques, personnels et intra-psychiques ou groupaux peuvent se développer.

La création d’une illusion et d’un narcissisme groupal sont parmi les processus repérables qui peuvent se mettre en place. Anzieu et Kaës soulignent que souvent les individus attendent du groupe la réalisation de leurs propres désirs, et ce constat est la base du travail proposé. Oser dire ses désirs, ses besoins, n’est pas une chose évidente pour des patients qui, souvent même, les ignorent. Le terme de « petits » plaisirs rassure et donne à penser que cela n’est pas grand-chose. Il permet, paradoxalement, d’y projeter des éléments intra-psychiques inconscients allant du côté du désir. La présence des autres personnes soutient alors, une identification possible, un sentiment d'appartenance à un groupe de personnes pour qui le plaisir n'est pas toujours une chose évidente, recherchée, appréciée.

La création d’un appareil psychique groupal, peut aussi prendre corps, dans certains groupes qui se connaissent, qui jouent ensemble depuis quelques séances. L’émergence de cet appareil psychique groupal, va permettre alors,  d’accueillir des éléments intra-psychiques qui n’auraient peut-être pas été abordés aussi directement ou facilement par la personne. Le passage par les mots des autres qui va offrir un miroir permettant l’intégration en soi d’éléments inattendus, inconnus ou d’éléments intra-psychiques personnels refoulés, et ressurgissant à travers le psychisme de l’autre. L’alternance projection et introjection joue alors pleinement dans des séquences alternant entre ces deux processus, entre soi et soi, entre soi et autrui.

La plupart du temps, le ou la thérapeute est porteur des projections groupales autour d’une position de surmoi. Garants des règles, de l’animation, du cadre, nous sommes donc vécus comme les « référents » de la loi. Et c'est justement, à partir de cette position, que l‘autorisation ou l’incitation à parler du plaisir va être, en soi, thérapeutique et libératrice. Avant de s'autoriser à vivre des moments plaisants, certains patients vont devoir en faire un quasi exercice. C'est un peu comme si le plaisir n'était plus accessible, acceptable, au c½ur des sentiments de dévalorisation des patients dépressifs. Le lien entre plaisir et culpabilité est parfois source de difficulté. S'autoriser à être, à jouer, à prendre soin de soi, n'est pas toujours une façon d'être naturelle pour nos patients. (voir l'éprouvé ).

Lors d’une création d’une liste collective, ce sont les notions de coopération et d’empathie qui sont sollicités pour tenter d’imaginer les petits plaisirs communs à tous les humains. Le plaisir de se retrouver en empathie avec un ou une autre participant(e) permet de solliciter les neurones-miroirs. Proposer d’imaginer les besoins d’autrui va permettre aussi d’expérimenter le décentrage de soi, important à développer dans les habiletés sociales.




Ce jeu d'expression est proposé depuis 2007 par Muriel Launois,
lors de groupe de jeux thérapeutiques
Vous pouvez vous en inspirer
pour trouver votre propre façon de le proposer





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