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Motivation!!!


"C'est dur de se motiver, parfois, même à se lever le matin".

Un constat fréquent pour nos patients, quel que soit d'ailleurs leur pathologie ou leur histoire, un constat qui peut arriver aussi à tout humain, thérapeute et autre...Cette phrase a été prononcée de nombreuses fois au fil des semaines dans les groupe AEP. Cette fois, durant la séance, la question de savoir ce qui pourrait bien soutenir une motivation s'est enfin posée. L'un des patients du groupe évoquait , en effet, le sentiment d'avoir des semaines en "dents de scie" parfois motivé à travailler chez lui pour ranger son bois ou nettoyer son terrain et parfois motivé à rester dans son lit. Un autre évoquait le fait que pour maigrir, il allait devoir attendre d'avoir un travail, sans bien pouvoir expliquer pourquoi il ne pourrait pas faire quelque chose pour son surpoids avant d'entrer en ESAT. Les notions de motivation et d'objectifs n'ont pas été clairement distinguées, mais pour cette séance, cela ne s'est pas révélé gênant.

A partir de ce constat, nous avons décidé de proposer un travail pour la semaine suivante, avec Gwendoline Michel, stagiaire de 2ème année. La préparation de cette séance s'est faite en amont, de façon intuitive et avec l'intention de proposer différents outils pour repérer lesquels seraient les plus pertinents.

4 outils ont été proposés
  • Un questionnaire sur la ténacité
  • Un brainstorming autour du mot  "motivation"
  • Une information sur la motivation intrinsèque et extrinsèque
  • Les 4C de la motivation


Un mini questionnaire autour de la ténacité, proposant de savoir si l'on est tenace ou pas a été proposé. Ce type de questionnaire est issu d'un livre de "voyages en soi-même" et peut être utilisé de façon personnelle ou collective. Un travail groupal permet un partage d'informations sur la façon de réagir de chacun et chacune, dans des situations demandant de la ténacité pour pouvoir maintenir un engagement dans l'activité. L'avantage d'un tel test est qu'il n'est pas défini comme un bilan thérapeutique, mais un test plutôt dans le domaine du social. L'inconvénient de ce test est qu'il peut ne pas sembler très sérieux...

Lors de la séance de ce jour, nous avons utilisé ce test en mode personnel, chacun et chacune répondant aux questions. Une lecture collective des "résultats" a ensuite permis un partage des visions de chaque personne sur elle-même, indiquant si elle est ou non d'accord avec le "résultat" qui se présente forcément comme une vision globale et issue de l'extérieur, donc tout à fait subjective. il est important dans le cadre de l’utilisation de tels "tests", (tels que nous pourrions en trouver dans certains magazines et qui sont familiers à certains patients), de provoquer une discussion sur le sérieux de ce genre de jeu test et sur la pertinence d'être ainsi "rangés" dans des cases. Le choix a été fait ici d'accompagner les patients dans une découverte clairement définie comme ludique. Ce temps n'a pas duré très longtemps, se présentant comme un premier moment d'échange et d'un "faire quelque chose" à côté des autres, donc d'une façon distinguée ET reliée.


Un brainstorming autour du mot "motivation"
Le mot "Motivation" a été inscrit au centre d'un tableau Veleda. (voir nuage de mots). Plusieurs étapes ont été ensuite proposées:
  • Les participants ont été invités à associer d'autres mots, qui ont été inscrits au fur et à mesure tout autour du mot central, comme un nuage de mots: courage, but, espoir, aider, réussite, volonté, patience, obstination, objectif, effort, envie, travail, grandir, changer, désir, concentration. Ce travail permet de constituer une banque de mots et de créer un "Nous", au sens d'un vécu groupal qui permet d'aboutir à la réalisation d'une consigne et d'une tache. Ainsi, l'apragmatisme des patients est contourné et ils découvrent qu'il est possible de s'appuyer sur des personnes ressources extérieurs pour réaliser quelque chose ensemble. Il s'agit là de tenter de mettre en mots et de commencer à donner du sens.
  • Une discussion s'est développée ensuite, autour d'un éventuel lien entre les mots. Les participants ont été incités a tenter de regrouper les mots ayant des sens proches. Il aurait pu être possible de proposer au groupe de trouver une structure organisationnelle par eux-mêmes. Dans le cas de cette séance, la stagiaire a proposé d'entourer ou de souligner les mots de façon différente, afin de mettre en évidence les liens. Certains mots pouvaient donc entrer dans plusieurs catégories, introduisant la notion de nuances et pas uniquement de distinction. Il s'agit là de continuer à donner du sens, dans une structure cognitive d'organisation.
  • Une fois les associations d’idées notées, il a été demandé à chaque personne de trouver une motivation personnelle. Lorsque les motivations personnelles étaient trouvées facilement, elles étaient notées. S'il semblait difficile de trouver cette motivation, la stagiaire ergo suggérait alors une piste: "Qu'est ce qui pourrait vous donner envie de vous lever le matin". Chaque personne a pu ainsi trouver une motivation personnelle: arrêter de fumer, programmer, maigrir, trouver une stabilité, courir, passer une bonne journée, guérir. Nous revenons au "Je" personnel. Il s'agit là de donner du sens , dans une dimension plus psycho-affective, personnelle, teintée de l'histoire et des désirs de la personne. La distinction entre motivation et objectif n'a pas été clairement distinguée.
  • Une fois que cette motivation personnelle a été évoquée, nommée, affirmée, chaque personne était ensuite invitée à la relier à un ou deux mots proposés par le groupe.Ce travail permet au "Je" personnel de s'appuyer sur le "Nous". Stabilité était relié à patience et espoir; Maigrir était relié à volonté, courage et effort; Arrêter de fumer était lié à effort; Programmer et passer une bonne journée étaient reliés à envie; Courir était lié à volonté; Guérir se reliait à espoir et objectif. Il s'agit de redonner un lien entre l'individu et la société, de proposer un sentiment de lien et donc d'appartenance.


Motivation intrinsèque et extrinsèque
L'idée de donner une structure organisatrice a ensuite été expérimentée. Une information sur la distinction entre ces deux types de motivation a donc été proposée. Nous avons pu constater que cette étape a été vécue comme complexe et comme un apprentissage trop scolaire, l'un des participants demandant même avec humour "ce sera noté avec quel coefficient?". Cette étape aurait sans doute, nécessité plus de temps pour pouvoir favoriser un échange entre les personnes à partir de leurs propres expériences. La distinction entre motivation venue des autres ou venue de soi est en effet, une grille de lecture très pertinente pour permettre aux personne  d'identifier ce qui vient d’eux et ce qui vient de l'autre. Cette grille de lecture, suffisamment répétée, pourrait alors être intégrée et devenir un nouveau filtre pour les personnes, permettant la distinction du moi et du non moi, si importante dans le domaine de la psychose. (voir sentiment d'existence, expériences signifiantes identitaires)


Les 4C de la motivation
L'idée de donner 4 mots clefs autour de la motivation, a achevé la séance, comme une possibilité de pouvoir retenir un "quelque chose". L'inconvénient d'un travail autour de mots clefs venus de l'extérieur, est de ne pas permettre une intériorisation et une appropriation des mots essentiels pour la personne. Cette dernière étape n'a pas été identifiée comme pertinente, ni par les patients, ni par les thérapeutes, car trop "scolaire" au sens d'un apprentissage et d'un savoir, issu de l'extérieur.


En conclusion
Lors de cette séance les 4 outils testé se sont révélés plus ou moins intéressants, mais surtout se sont trop révélés trop riches pour une seule séance. Plusieurs séances auraient pu être mise en place pour soutenir la motivation des personnes. Gwendoline Michel, dans le cadre d'une ARPP, vous propose donc une possibilité de "protocole" de 5 séances. Faisant suite à cette séance, il pourrait être intéressant de proposer des temps individuels ou en groupe, aux patients souhaitant mettre en place un projet de motivation personnel, passant par différentes étapes en commençant par le PPOP (plus petit objectif possible). Une "pyramide motivationnelle" pourrait être utilisée.






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