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Niveaux de conscience


Les différents états de conscience qu'il est possible de ressentir, dans notre vie quotidienne ou lors de séances de thérapie, sont décrits aux patients. Ils sont expliqués d'une manière simplifiée et en utilisant la métaphore d'une échelle allant, aux deux extrémités, d'une concentration maximale au sommeil, avec entre les deux des états modifiés de conscience dont les frontière son parfois un peu floues. Il n'est en effet, pas toujours très aisé de savoir ce que font le corps et l'esprit...Les différents états de conscience décrits ici, sont une tentative personnelle de donner quelques pistes de repère et de poser quelques mots sur des ressentis toujours singuliers. (voir lien corps esprit)


L'état de veille
Dans notre vie quotidienne tous les jours, l'état de veille est l'état de conscience que nous connaissons sans doute le mieux...Nous oscillons entre conscience, concentration, flottement, attention large ou centrée sur quelque chose. Dans cet état de veille et de vigilance, notre concentration peut se fixer sur de nombreux sujets. Qu'elle soit aisée ou difficile dans certaines situations, la concentration est un état de conscience bien connu. Nous allons ainsi mobiliser notre corps et notre esprit, nos compétences mentales, psychiques et physique, lors d'une action ou sur un sujet donné.



La conscience de soi
La conscience de soi nécessite quant à elle d'orienter la concentration sur soi-même, son corps et ses sensations, son esprit et ses pensées. C'est cet état de concentration qui sera proposé lors des auto-massages et des mouvements. En particulier, lorsque les personnes, qui ne connaissent pas encore la méthode, se concentrent activement pour "suivre" les exercices qu'ils souhaitent réaliser du mieux que possible, dans un élan souvent marqué par des intentions scolaires ou volontaristes. Exercer sa concentration permet d'entrer dans une première étape, frôlant souvent l'illusion de maitrise de l'esprit sur le corps mais permettant d'entrer à l'écoute de soi, en conscience de soi.

La pleine conscience est actuellement de plus en plus développée et travaillée dans bon nombre de méthodes, et plus particulièrement dans les méthodes de développement personnel, de transformation de soi, de développement spirituel au sens du New age ou plus récemment dans la méditation de pleine conscience. cette dernière méthode est actuellement reprise même par des psychiatres et de plus en plus de thérapeutes sont formés à cette pratique. Elle est appuyée sur une philosophie de vie, issue de l'enseignement bouddhiste. Elle a été laïcisée par Jon Kabat Zin sous le nom de Mindfullness et s'éloigne donc des enseignements spirituels qui en était le c½ur et la base à l'origine. Cette pratique est donc de plus en plus utilisée en thérapie, amenant parfois du flou, entre des pratiques dites de développement personnel et des outils thérapeutiques.

Mais même en dehors d'une pratique labellisée de mindfullness, la conscience de soi est présente aussi bien dans l'action que dans l'immobilité. Les pratiquants sont sans cesse invités à demeurer dans la conscience pleine et entière d'eux-même, quitte à utiliser des petits phrases répétitives, comme "j'inspire, j'expire" pour permettre à leur esprit de rester "dans le corps" et l'instant présent. Il s'agit de proposer donc un lien entre le corps et l'esprit, de structurer le schéma corporel, de renforcer la conscience de soi. Nous entendons là que cette dimension est la plus pertinente pour les personnes psychotiques en particulier. Le temps actif des auto-massages et des mouvements, favorisant une concentration plus concrète et ne favorisant pas le glissement vers le sommeil, est donc plus intéressant pour ces personnes. L'écoute de la respiration peut également faciliter la conscience de soi active

La pleine conscience de soi permet d'entrer dans une sorte de double conscience. "J'ai conscience de moi qui écoute (esprits) ce que moi je ressens (corps)". Ce travail d'une sorte de dédoublement de soi-même, reste compliqué pour des personnes dont le sentiment d’identité est précaire. D.Anzieu parle de "Moi auxiliaire" mis à la disposition du patient pour lui permettre d'apprendre à contenir des moments d'angoisse. Le travail individuel se révèle dans ce cas plus pertinent. Ce sont les capacités du ou de la thérapeute à contenir l'angoisse et à la transformer en quelque chose de plus acceptable, qui vont se révéler thérapeutiques pour ces patients. Ainsi ils auront l'opportunité d’expérimenter le fonctionnement d'une enveloppe psychique contenante, celle du ou de la thérapeute. Des mécanismes d'introjection et d'étayage sur le psychisme de l'autre pourront alors renforcer l'enveloppe psychique de la personne. Aux personnes qui souhaitent être bien dans leur peau, je réponds souvent qu’il convient donc déjà d’être dans sa peau et dans son corps. Sans cette étape, le travail en hypnose peut se révéler, pour certaines personnes, trop intellectuel ou mental. « Ça ne marche pas avec moi, je ne suis pas du tout suggestible… ».

La pleine conscience de soi peut s'apparenter aussi à la notion de "perceptude" évoquée par Roustang. « Au sens strict, la perceptude n’est pas une perception. ». Elle n’est pas « comme la perception de l’ordre de la connaissance », elle est « de l’ordre du geste accompli, c’est-à-dire de la plénitude pratique ». « Faire l’expérience de la perceptude …c’est habiter le système relationnel dans lequel nous sommes insérés. » (Roustang, « La fin de la plainte », O.Jacob, 1999). Le travail de la « perceptude », passe par donc la pleine conscience de la perception de soi. Cette conscience peut se faire de façon active (auto-massages ou mouvements lents) ou plus réceptive (méditation, écoute de la respiration, conscience des sensations corporelles externes et internes). Cette pleine conscience des sensations et des perceptions permet d’installer l’esprit dans le corps.


La transe hypnotique
La double conscience de soi commence à poser la question du lien entre le corps et l'esprit. Qu'en est-il de ce lien? Des termes tels que lien, incarnation, individuation ou clivage, dissociation sont à explorer. Cette double conscience peut s'apparenter à ce qui est nommée dissociation en hypnose. La transe hypnotique est en effet, caractérisée par un état de dissociation entre corps et esprit. Durant les séance, la transe sera décrite comme un moment que chacun a pu connaitre dans sa vie quotidienne, comme par exemple un moment où, conduisant une voiture nous pouvons nous retrouver dans un endroit où nous avons l'habitude de nous rendre. La dissociation entre le corps et l'esprit est ainsi décrite comme le corps qui se met en pilotage automatique et l'esprit qui ferait autre chose. 

La dissociation, au sens d’une double conscience, n’est pas l’apanage de l’hypnose, mais lors de cette dernière, la dissociation va être induite. Des phrases telles que : « Et pendant qu’une partie de vous-même fait ceci, une autre partie de vous-même fait cela » induisent la dissociation. Le fait de proposer que le nez sente les odeurs tandis que les oreilles entendent les sons est également une autre voie d’expérience de la dissociation des 5 sens, comme s’ils pouvaient fonctionner de façon presque autonome. La dissociation permet, par exemple, de se trouver dans un souvenir agréable, un lieu de sécurité ou même un lieu situé dans le futur, en même temps que d’être dans la pièce où se déroule la séance. La dissociation proposée par l’hypnose, entre le corps et l’esprit va donc permettre à la personne de vivre le fait d’être là (perceptude corporelle) en même temps que d’être ailleurs (imaginaire, images, visualisations).

Cette capacité d’entrer dans une double conscience ne doit pas être confondue avec la dissociation pathologique de la schizophrénie. Dans la schizophrénie c’est la personnalité elle-même qui souffre de la schyze (rupture intra-psychique). Il y a donc un vécu dissociatif de différentes parties de soi-même, vécues comme étrangères à soi. Ainsi les voix intérieures, au lieu d’être considérées comme un dialogue entre soi et soi, reviennent à la personne d’un extérieur dont elles ne voient plus le lien avec elles-mêmes. Cette dissociation pathologique conduit très clairement, à ne pas utiliser l’hypnose avec des personnes psychotiques, pour lesquelles le travail de ré-association corps-esprit proposé lors de la relaxation active est plus pertinent.

Pour permettre la dissociation, un premier temps de conscience de soi, en mode association entre le corps et l’esprit, est donc nécessaire, pour bien ancrer le travail dans les perceptions corporelles et pas uniquement dans un imaginaire dégagé de la « perceptude » corporelle. La dissociation est alors plus sécure pour les personnes et la ré-association plus aisée ensuite.



Les ondes alpha
Cet état est indiqué comme un état encore plus profond que les précédents. Dans cet état, nous pouvons éprouver comment passer d'une intention de détente à un lâcher prise plus profond, nécessitant des sentiments de sécurité, d'abandon et de laisser faire. Ces mots indiquent d'emblée que certains relaxants, sur le qui vive, abusés, vivant des sentiments d'insécurité voir de persécution, vont avoir du mal à se laisser aller. Toute la préparation par le renforcement de l'enveloppe corporelle, de la peau, des limites, prend alors son sens comme permettant ensuite, le lâcher prise. 

Le lâcher prise permet d'expérimenter un état de relâchement musculaire profond, une baisse de ce tonus et un abaissement de la vigilance. Cet état n'est pas anodin. Souvent difficile à atteindre, il peut devenir un sentiment de béatitude conduisant à préférer cet état de retrait du monde au profit du seul Moi, dilué dans une sorte de no man's land océanique, frisant parfois l'intra-utérin. Il convient donc de tenir compte de cela car les personnes régressives peuvent alors s'y réfugier avec ardeur. La partie active est donc absolument nécessaire pour compléter la relaxation profonde.

Il faut aussi être bien conscient des risques à proposer un tel travail aux personnes psychotiques car abaisser les niveaux de vigilance d'une telle personne risque de les conduire à un renforcement de leur sentiment de morcellement et à se réfugier dans le délire. En effet le lâcher prise s'accompagne immanquablement d'une sensation de perte des limites du corps, de dilution, autant de vécus qui peuvent amener la personne à repartir dans des vécus corporels délirants afin de lutter contre cette angoisse de perte d'être. La contre-indication de techniques corporelles régressives, passives et utilisant strictement un travail de baisse de la vigilance est donc clairement posé. Le renforcement de la conscience de soi est donc à privilégier.

Le sentiment de lâcher prise est relié aux ondes alpha. Le rythme alpha est un rythme cérébral qui se manifeste lorsque la personne est éveillée, ferme les yeux et se détend. Ce rythme présente à l'EEG, des ondes de grande amplitude. Cet état est décrit comme une sorte de flottement, permettant à l'esprit de ne plus être tout à fait conscient, plus tout à fait dans les sensations corporelles, dans une sorte d'ailleurs. Cet ailleurs peut être indéfini, flou ou porteur d'images agréables, de paysages vécus comme idéalisés ou de souvenirs plaisants


Le sommeil
Il est la dernière étape dont il est clairement mentionné que ce n'est pas le but recherché. Idéalement, le travail de conscience de soi devrait se faire en position debout ou assisse et en mouvement. Les personnes dépressives, régressives, clinophiles ne peuvent que difficilement bénéficier d'un tel travail. Il faut parfois accepter de passer par une étape régressive, passive allant jusqu'au sommeil pour permettre à ces personnes d'éprouver un lâcher prise possible en toute sécurité, même si c'est au détriment de l'éveil de le conscience de soi. En effet, le sommeil renvoie plutôt à une fuite de soi, à une inconscience, à une "petite mort", ce qui, dans un service de psychiatrie et psychologie médical est fort peu pertinent. Mais il faut bien reconnaitre que, le plus souvent, cet état de sommeil est apprécié, recherché. A peine peut-il y avoir un léger sentiment de culpabilité




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