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L’autonomie

La plupart des relaxants, au départ, s’en remettent au bon vouloir de la thérapeute, persuadés qu’ils ne sont pas capables de se détendre par eux-mêmes. Le vécu des séances est l'occasion pour les patients d'expérimenter le gouffre qui existe parfois entre leur désir apparent de se faire du bien et leur réalité interne qui peut être tout à fait différente: désir inconscient de maîtrise, incapacité de se laisser aller, angoisse de vide, sentiments de tristesse refoulés , sentiment de culpabilité ou de dévalorisation de ne rien faire d'utile, etc...

En psychologie et en psychiatrie, le mot de guérison n'est jamais employé du côté des thérapeutes, car les rechutes sont fréquentes et il est plus juste de parler d'évolution. Il est rare que des patients attendent la guérison grâce à des méthodes de relaxation, car elle est plutôt attendue du médecin et du médicament. Or pour certains patients, il est fondamental que cette illusion que la thérapie passe par l'autre, puisse, à un moment ou à un autre, céder le pas à la conscience de ses propres capacités.

La notion de métamorphose possible de soi, d'évolution, de changement est proposée en permanence, dans les prises de conscience entre un avant et un après massage. Il est clairement signifié qu'une évolution est possible. Des scénarios plus imaginaires de métamorphoses de couleur en objet, d'objets en autre chose, etc...Peuvent également aller dans ce sens d’action sur soi-même.

La question de l’autonomie est fondamentale pour un ou une ergothérapeute. Les outils apportés, du moins, dans leur dimension technique, sont redonnés dans un petit livret et peuvent permettre, en théorie, une certaine autonomie. Ce livret est laissé dans l'atelier, à disposition des relaxants. Il est ainsi possible d'observer ceux qui se l'approprient, avec plus ou moins de facilité, ceux qui souhaitent être pris en charge, ceux qui veulent à toute force appliquer une recette, ceux qui le trouvent trop petit, trop complexe, etc

L’un des aspects à prendre en compte pour tenter d'évaluer si la personne est en voie d'intégration des processus thérapeutique est l’utilisation ou non des découvertes issues des séances, en dehors de ces dernières. Les personnes qui utilisent déjà, lors de leur hospitalisation, des exercices pour se calmer, s’endormir, s’apaiser, auront plus de chance de les poursuivre aussi à leur sortie. Cela dépend surtout de leur sentiment de capacité personnelle et de leur personnalité. Il faut plutôt parler d'initiation et de découverte, que de véritable autonomie face a des temps d’hospitalisation de plus en plus courts.

Les personnes ré-hospitalisées témoignent fréquemment de leur vécu entre les hospitalisations. Elles confirment que l'autonomie est rarement acquise mais que le vécu des séances a permis l'amorce d'autre chose: massages de certaines zones du corps en cas de tension, écoute de la respiration en cas d'insomnie ou de moments d'angoisse, écoute de soi meilleure et recherche de plaisir plus fréquente, intégrations dans un groupe de techniques corporelles. Ces témoignages demeurent parcellaires et subjectifs, et sont le fait de personnes revenant à l'hôpital.

L’autonomie est loin d'être recherchée par tous les sujets. La plupart s'arrêtent à la détente vécue et appréciée, durant la séance de groupe, sans chercher à aller plus loin. Dans ce cas, c’est souvent la dimension régressive de l’atelier qui est recherchée, renforçant le fantasme du bon hôpital refuge, où il serait judicieux de rester ou de revenir.

Il est toutefois possible, globalement, de témoigner de l'intérêt d'une telle thérapie dans un cadre de soins hospitalier et extra-hospitalier comme permettant une meilleure écoute de soi-même, une découverte du lâcher prise et du sentiment de plaisir, une nette amélioration du sentiment de valeur et de sécurité intérieure, une meilleure connaissance de soi, du moi authentique en profondeur et ,au détriment du faire utilitaire habituel, un respect de l'être.




La séparation et l'après...

La question de la séparation se pose évidemment comme dans toute thérapie. Elle est gérée par les patients, à leur façon. Certains disparaissent sans prévenir, d’autres annoncent leur sortie. Elle est travaillée tout au long des séances, lors des temps de non directivité, de solitude musicale en présence des autres. Mais c’est au moment de la sortie que resurgissent toutes les angoisses de séparation éventuelles. Les mises en mots sont fondamentales.

La plupart des patients remercient l’ergothérapeute, et certains se posent la question de la poursuite ou non de la technique enseignée ou d'une autre. Un carnet d'adresses de thérapeutes ou d'associations, des références bibliographiques ou sonores, des cassettes préenregistrées de la méthode proposée ou d'autres méthodes, des fiches d'exercices résumant les principes de massage ou certaines séances, peuvent être proposés. Ces tentatives de propulser le sujet dans une séparation positive sont parfois, couronnées de succès.









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