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Accueil » Groupe ressources » Réflexion collective

Réflexion collective


La création d'un groupe se fait avant la présences des patients et patientes, mais vient néanmoins répondre à un besoin des personnes en souffrance. Or à la source de ce groupe, c'est une non demande qui s'est inscrite, ou plus précisément, une demande qui n'était guère acceptable par le milieu institutionnel, à savoir, s'y installer à demeure. C'est donc la patientèle qui souhaitait rester à l’hôpital ou ne pas rentrer chez elle, qui a été à l'origine de ce travail collectif.

Ainsi, les deux premières personnes ayant accepté de tester ce groupe et son intérêt se sont présentées toutes deux de la même façon. A la question de leur espace personnel, les deux participants ont affirmé, qu'il s'agissait de leur chambre d’hôpital. L'une des participantes nous a expliqué comment elle considérait que le fait qu'elle soit la première arrivée dans la chambre, lui donnait toute autorité pour fixer les règles de vie de l'espace commun de la chambre double. (heure de sa douche, heure de fermeture des volets...). L'autre patient, malgré le fait que nous avions bien reprécisé qu'il s'agissait de l'espace personnel chez soi, a fait une réponse similaire, soulignant qu'il apprécierait bien de pouvoir amener une petite bibliothèque pour y avoir ses livres et ses CD favoris...Cette inscription de soi dans un espace hospitalier, comme son nom semblerait l'indiquer pourtant, ne contribue pas à aider les personnes à réinvestir leur "chez eux", même ceux qui en ont un, dans lequel le sentiment de solitude ou d'incapacité ne leur permet plus de s’inscrire.


Les personnes âgées

La première population qui a lancé cette réflexion a été celle des personnes âgées, souvent seules et qui ne souhaitaient ou ne pouvaient plus vivre seules. Les risques de l'hospitalisme étant bien connus, il est donc important que ces personnes ne restent pas trop longtemps. Ce qui s'avère souvent un v½u pieux, entre l'absence de place dans des institutions adéquates, le temps long qui s'écoule, les glissements et les troubles cognitifs qui s'aggravent, les ré-hospitalisations qui se rapprochent, le sentiment d'abandon et d'isolement. Pour ces patients une mise en relation rapide avec la famille et avec des lieux d'accueil en cas de perte d'autonomie est la première étape importante pour diminuer le temps passé à l’hôpital, surtout une fois que le retour à domicile a été identifié comme possible, du moins aux yeux des thérapeutes.

Des étudiants ergothérapeutes, sensibles aux besoins en autonomie de ces personnes pour le retour à domicile, se sont lancés dans des tentatives d'adaptations de fauteuils ou de couverts, dans des propositions de rééducation souvent rapidement interrompues, pour s'entendre dire que tout cela était trop compliqué, lourd, voir "inutile pour une personne aussi malade et qui ne va pas aller mieux". La motivation a un retour à la vie "d'avant" était bien plus souvent extrinsèque, venue des thérapeutes ou de la famille.

Dans les cas d'états dépressifs chroniques et récurrents, il était plausible d'attendre que l'état dépressif une fois amélioré, la motivation puisse revenir. Mais là aussi, c'était sans compter sur l'absence de désir, le non engagement dans des activités devenues répétitives ou vides de sens. Il ne s'agissait plus alors d'état dépressifs pathologiques aigus ni même chronique, mais plutôt d'une difficulté à vivre seul. Dès lors, il semblait légitime de se poser la question de savoir si ce n'était pas la motivation qui posait le plus problème et pas uniquement l'âge des personnes. Notre réflexion s'est donc élargie à d'autres populations, pouvant "s'installer" psychiquement et physiquement à l’hôpital, dans un ancrage parfois vigoureux...



Être chez soi

En thérapie corporelle, les personnes sont souvent invitées à entrer dans leur espace intérieur, leur lieu sûr (hypnose), leur paysage corporel, leur moi ou leur soi profond et intérieur....bref être bien dans sa peau et dans son corps, c'est déjà être dedans. L'espace corporel et psychique personnel est souvent projeté dans son intérieur, si bien nommé, ainsi qu'en témoignent de nombreux écrits, poèmes et jardins secrets, inscrits dans une terre natale ou d'adoption. Notre sentiment d'être et identitaire s'enracine dans notre corps propre et l'habitat en devient l'une des expressions dans la réalité. Le jeu de la maison a été co-créé avec des patients et des thérapeutes, dans l'intention de favoriser une expression autour de la maison comme métaphore de l'espace psychique personnel.

"La maison ou l’appartement ne sont pas de simples lieux qui devraient être propres et bien “tenus”. Ces lieux se présentent aussi comme chargés de nos histoires personnelles, de nos souvenirs et de nos interactions avec ceux et celles qui y habitent. Ils sont de véritables métaphores de l’espace psychique personnel, venant soutenir notre enveloppe psychique. (Anzieu et al., 2013). « L’étymologie du verbe “habiter” et, notamment, ses racines communes avec le verbe “être֨” permet d’envisager l’habiter comme une manière d’être. En grec, les verbes se rapportant à l’habitat : oikein, naein, demein, etc., renvoient au fait d’exister » (Agneray et al., 2016)."

"L’outil d’expression à créer devait donc permettre d’imaginer un « chez soi » qui soit investi ou réinvesti, en termes de souvenirs, d’idées, d’images, afin d’étayer le sentiment d’un espace sécurisant, contenant, dans la mesure où la maison vient se proposer comme un dedans protecteur du dehors. (Dreyer, 2016 ; Flamand, 2004 ; Mutis et Kahn, 2005). À partir de ce sentiment de sécurité intérieure, personnelle, psychique et environnementale, l’habitat devient aussi une interface avec le monde, tout comme le Moi-peau (Anzieu, 1985). L’habitat s’inscrit comme « un point d’ancrage pour une ouverture sur le monde » (Agneray et al., 2015)."
(Article sur le jeu de la maison, revue ANFE 2020, co-écrit avec Charline Pichon et Romain Picherit)

Cet "être chez soi", protecteur, contenant et investi, semble donc faire défaut à certaines personnes, mais là aussi ce constat ne nous semblait pas suffisant. La solitude, le sentiment d'inutilité sociale, l'isolement géographique, le sentiment de ne pas avoir de compétences ou de ressources se présentent comme autant de causes intriquées, au delà de toute pathologie psychiatrique avérée. Nous avons pu constater lors de l'année 2020 à quel point l'habitat ne suffisait pas en tant que contenant protecteur et que les liens sociaux étaient fondamentaux. Or l’hôpital vient proposer ces liens sociaux comme un lieu de rencontre d'autres personnes, un lieu où des personnes prennent soin, un lieu où des activités sont possibles.


Des intentions

Les questions qui se posaient alors étaient de savoir:

  • s'il fallait inciter les personnes à ré-investir leur espace personnel réel, en proposant des permissions et des mises en situation écologique, de type ré-entrainement à des capacités dans les activités de vie quotidienne. Cette piste de réadaptation étant le plus souvent mise en échec, nous avons donc exploré d'autre pistes.
  • S'il fallait plutôt proposer aux personnes de re-créer un espace personnel intra-psychique pour retrouver une forme de liberté et de conscience d'eux-mêmes leur permettant d'avoir un sentiment de sécurité intérieure et de pouvoir vivre à l'extérieur. Ce type d'intention repose sur la psychothérapie, sur la relaxation et les auto-massages pour renforcer le sentiment de sécurité  interne. Ces interventions sont proposées et ne suffisent pas toujours.
  • A trouver ou retrouver des ressources personnelles internes et externes, ou des ressources extérieures. C'est donc sur cette troisième voie que nous nous sommes engagés, pour offrir de nouvelles perspectives à nos patients.


Trouver des ressources

Progressivement, la réflexion pluri-disciplinaire s'est donc déployée autour de la notion de ressources, que nous avons préféré au terme de compétences, trop connoté scolaire et réussite. Le groupe était constitué d'une aide soignante, d'un infirmier, d'un médecin, d'un psychologie, d'une assistante sociale et d'une ergothérapeute. Nous avons donc travaillé sur plusieurs axes:

  • Une fiche à remplir lors des réunions de synthèse, afin d'avoir une ligne conductrice permettant rapidement, notamment pour les personnes âgées, d'entrer en contact avec la famille, de faire un point avec l'ASE, de proposer un bilan Eladeb si nécessaire pour évaluer les auto-compétences à se situer dans ses capacités et à demander de l'aide si nécessaire, d'évoquer rapidement le retour à domicile s'il est possible ou les autres solutions. Nous avions en effet identifié que l'installation progressive de certains patients se faisaient aussi lorsque nous n'étions pas assez réactifs dans nos interventions.
  • Des outils pratiques permettant de transmettre des informations aux familles et à la personne sur les différentes aides, lieux d'accueil et groupes de type GEM ou associatifs dans notre région. (livrets d'informations à transmettre en individuel si nécessaire).
  • La création d'un groupe "ressources" animé par une ergothérapeute. Le travail sur le contenu de ce groupe a donc été réalisé en groupe, permettant ainsi à chacun et chacune d'en connaitre les outils, à défaut d'être sûrs des indications au départ.


De quoi parle t'on?

La question de savoir de quelles ressources nous parlons a donc aboutit à trois possibilités. Nous pouvons regarder les choses sous l'angle des compétences cognitives (mémoire, attention, concentration, fonctions exécutives...) sous l'angle des ressources de la personne (type bilan AERES: qualités personnelles, loisirs et environnement) ou sous l'angle des fameuses habiletés sociales.


Ressources personnelles
Qualités et compétences de la personnes, ressources humaines et environnementales

Habiletés sociales
Dans ce domaine, tous les jeux en groupe peuvent être considérés comme favorisant ces habiletés sociales, qu'il s'agisse d'élaboration psychique en groupe dans les jeux d'expression et de créativité, qu'il s'agisse de partage de stratégies et d'idées, plus centrés sur le comportement visible ou qu'il s'agisse d'un simple jeu coopératif ou compétitif.




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