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Rogers et l'empathie

Rogers et l'empathie Zoom sur Rogers et l'empathie


C.Rogers et Porter sont des thérapeutes issu du courant de la psychologie humaniste. Cette dernière est née de différents courants et se présente comme une troisième force, entre les théories psychanalytiques et behavioristes. Cette forme de psychologie est centrée sur la relation patient/thérapeute, dans un respect marqué du patient. Elle a vu le jour dans les années 1960 aux Etats-unis.

C'est Abraham Maslow qui créa en 1954 l'American Association for Humanistic Psychology, s'adjoignant pour cela l'aide de Rogers et de Frankl, entre autres.
Il est possible de citer quelques grands noms: Vittoz (thérapie corporelle), Moreno (psychodrame), Perls (Gestalt thérapie), Maslow et ses travaux sur la motivation et l'accomplissement, Caycedo (sophrologie).






Les grands principes de cette thérapie sont centrés sur l'idée que l'humain a un potentiel, une capacité à d’auto-déterminer et à évoluer. Cette psychologie met en évidence un principe vivant, un élan qui pousse à s'accomplir. Elle met l'accent sur la liberté et la créativité de l'individu, sans oublier les notions d'engagement et de responsabilité. La notion de développement personnel est au premier plan. Les dimensions corporelles, l'expression du ressenti,, l'expérience, le vécu émotionnel sont des mots clefs de ce courant. La plupart de ces grands principes se retrouvent dans bon nombre de thérapies car ils mettent en avant des qualités humaines et morales dans la relation. Nous pouvons nous appuyer sur deux principaux référents en ergothérapie qui sont C.Rogers et E.Porter. Carl Rogers met en évidence les notions d'empathie de reformulation et d'authenticité du thérapeute. Porter quand à lui, nous donne des pistes concrètes sur les erreurs à éviter dans les attitudes relationnelles en thérapie.



Relation d'aide


Les humanistes ayant développé le concept de la relation d'aide en thérapie, peuvent nous donner des pistes pour notre savoir être, plus simples que l'analyse Freudienne de la relation et plus proches de la position de thérapeute suffisamment bon de Winnicott. Souvent leurs propositions sont pratiques et applicables assez facilement. Toutefois, la thérapie nommée "relation d'aide" issue de ces courants humanistes ne s'improvise pas et nécessite une réelle formation pour une véritable écoute non intrusive et une capacité à aider le patient à exprimer de plus en plus son ressenti. Il convient de se souvenir qu'en ergothérapie l'écoute n'est pas notre premier outil.  L'écoute est réservée aux temps d'accueil ou de parole, lors d'ateliers d'expression mais notre spécificité demeure dans l'utilisation de la médiation.


Le premier critère d'une relation thérapeutique est la confiance. Savoir établir une relation de confiance est fondamental. Cela est basé sur les notions de respect d'autrui, d'écoute et sur la certitude qu'aura progressivement le patient, que l'ergothérapeute sera présent(e) lorsque cela sera nécessaire au patient(e). Cette confiance peut-être est étayée sur la permanence du lien qui peut être retrouvée d'une hospitalisation à l'autre pour un sujet psychotique par exemple. L’accent sera mis l’écoute, la non intrusion dans l’espace psychique de la personne. La notion de considération positive inconditionnelle de Rogers peut nous permettre de faire sentir au patient qu'il est important, qu'il a de la valeur et des capacités d'évolution auxquelles nous faisons confiance.

Cette dimension du Care repose sur la capacité d’empathie relationnelle de tout thérapeute. Le rôle d'écoute est fondamental pour tout thérapeute. Il faut pouvoir donner du temps à la personne pour exprimer son ressenti, ses contenus psychiques, ses sentiments. Ni questions intrusives, ni orientation de la discussion ne devraient, idéalement, venir dans la relation, ce qui demeure souvent difficile. La reformulation de C0Rogers et l'attitude de compréhension de Porter  peuvent nous aider à nous positionner vis à vis du patient, d'une façon assez simple et aisée. Cette vision fondamentalement positive de l'humain peut nous permettre de savoir conserver une attitude thérapeutique la plus juste possible et de savoir déployer une juste présence, une autre vision de la présence thérapeutique, moins centrée sur la notion de distance que sur la notion de proximité empathique.




Empathie
 
L'empathie vient du grec ancien ἐν, dans, à l'intérieur et πάθoς, souffrance, ce qui est éprouvé. Cette notion, qui désigne la tentative de compréhension de l'autre , dans ses sentiments, ses éprouvés, ses émotions, ses croyances est souvent confondue avec le fait de se mettre à la place d'autrui. Ce concept fait partie, à la base, de l'étude des relations inter individuelles. Elle n'est pas à confondre avec la sympathie, la compassion, l’altruisme et encore moins la contagion émotionnelle. Il ne s'agit ni de se mettre à la place de l'autre (confusion), ni de perdre la distance entre soi et l'autre (contagion comme par exemple le fou rire).

Parmi les divers courants psychologiques, c’est la psychologie humaniste qui a été la plus attentive au concept d’empathie. Selon Carl Rogers, l’empathie constitue l’une des trois attitudes fondamentales que doit adopter le thérapeute - à côté de la considération positive inconditionnelle et de l’authenticité - pour faciliter le développement des patients. Pour lui, il y a empathie lorsque le thérapeute tente de raisonner avec le même cadre de référence que son patient. Il faut donc tenter de décoder les réactions et sentiments de la personne, tenter de penser et de ressentir au plus près de sa façon de percevoir la situation et communiquer au patient cette compréhension, tout en sachant qu'il y a toujours un risque de décalage.



Reformulation

La relation d'aide développée par Carl Rogers dans le cadre d'une psychothérapie verbale, peut nous être d'une grande utilité. Cette méthode utilise, en particulier, la reformulation qui peut être une excellente amorce relationnelle. En particulier, lorsque nous ne savons pas quoi dire ou répondre à certaines questions, l’attitude consistant à reformuler au sujet ce qu’il dit est une possibilité non négligeable. Cela consiste à répéter à la personne, sous une forme légèrement différente ou interrogative, ce qu’il vient de nous dire. Cela peut paraître artificiel, mais permet de ne pas prendre position, de ne pas interpréter subjectivement, de ne pas être intrusif, et de ne pas entraîner la personne sur un autre sujet qui nous intéresse. Et surtout, cela montre à la personne qu’on l’écoute et que l’on a compris.Cette utilisation de la reformulation est tout à fait compatible avec l'attitude de compréhension préconisée par Porter.






Cet article est une "digestion" personnelle de concepts psycho-dynamiques,
eux-même issus de publications, de livres, d'articles, de lectures diverses.
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