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Se fédérer

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Une demande

La revue VST a demandé à l'un des ergothérapeutes de notre lieu de travail un article sur le devenir de l'ergothérapie. Lorsqu'il m'a proposé de le faire, ma première réaction a été de dire qu'il me semblait important de réunir un groupe de travail, alliant la présence d’ergothérapeutes variés, certains dits « d’ancienne génération » et d’autres issus de la « nouvelle vague ». En effet , face à une telle question: "que devient l'ergothérapie?" il me semblait nécessaire que les amorces de réponse pouvant être apportées, le soient d'une façon collégiale. L’écriture collective s’est imposée face à un sujet vaste et ambitieux. Et 5 ergothérapeutes ont donc répondu présents pour se lancer dans l'aventure.




Une réunion

Une réunion conviviale autour de boissons et de gâteaux, oralité oblige, nous avons donc abordé notre réunion en commençant par un partage d’histoires. Ce partage était rendu d’autant plus nécessaire qu’une diversité supplémentaire s’ajoute : la récente intégration d’ergothérapeutes venues d’un horizon CHU dans l’équipe d’ergothérapeutes du CPN, issue quand à elle, de l’histoire d’un ex-milieu asilaire. Il nous a donc fallu faire un minimum «corps commun ». La réunion peut donc commencer.

Cette notion du "nous", n'est pas sans m'évoquer la nécessaire constitution d'un appareil psychique groupal à penser, mais ce doit être sans doute, mes lunettes psycho-dynamiques qui me poussent à voir ainsi la situation...




Des institutions différentes

Les vécus respectifs, en fonction des histoires institutionnelles, vont nous révéler des différences mais aussi, des convergences dans le ressenti de l’ergothérapie et de son évolution. Les ergothérapeutes issues du milieu hospitalier universitaire, dont je fais partie, ont développées des techniques particulières telles que la relaxation ou l'écoute musicale, techniques utilisées également dans le centre où nous travaillons tous dorénavant, mais par des autres thérapeutes. En effet, le CPN emploie des psycho-motriciens, des relaxologues, des musico-thérapeutes et des art-thérapeutes. Il est intéressant de constater à quel point nos choix que l'on pourraient penser personnels, sont autant impactés par nos environnements respectifs...

Cette différence fondamentale a été la source de formations complémentaires pour les ergothérapeutes CHU, car tous les besoins en activités thérapeutiques n'étaient pas couverts par la présence d'autres thérapeutes utilisant des médiations. Cette situation a donc été une source de diversité pour les ergos CHU, mais également la porte ouverte à des glissements de taches.
Nous évoquons donc nos histoires respectives, en tentant de démêler l'histoire personnelle, institutionnelle et de l'ergothérapie, toutes bien imbriquées les unes dans les autres...Nous ressentons cette analyse comme un temps nécessaire pour poser nos histoires et savoir d'où nous parlons.

Les ergothérapeutes du CPN nous rappellent que la présence d’ergothérapeutes diplômés « au sein » du CPN, ne date que des années 1984 et, qu’à l’origine, les activités proposées l’étaient par des infirmiers spécialisés en psychiatrie. Difficile de lutter contre des racines aussi bien ancrées, ce qui rend parfois, les distinctions et les différenciations encore plus complexes, en raison des représentations mentales institutionnelles et personnelles.

Nous nous souvenons de cette orientation des activités, datant du temps d’une ergothérapie dite « centrale ». Nous évoquons les patients qui venaient s’occuper dans des sortes de « minis CAT », intégrés dans l’institution mère, avec de « faux » salaires (le pécule), des rôles artificiels et pourtant, un certain sentiment d’intégration sociale. Le fait qu’une masse salariale était ainsi disponible pour l’institution et le rôle de décharge des tensions institutionnelles sont évoqués également. Certains ergothérapeutes du CPN ont connu ce temps et l’un des tous premiers ergothérapeutes diplômés embauché dans cette institution, nous rappelle comment ils ont, petit à petit, essayé de sortir l’ergothérapie de cette vision réductive.

Un autre constat est fait, de 1984 à 2015, nous sommes tout de même passés de 1 poste d’ergothérapeute à 22. Se fédérer passe certes, par le nombre, mais aussi par la création d'un sentiment commun d'identité et là, tout n'est pas encore gagné...





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