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Symbole et métaphore

Pour permettre à une personne de retrouver la voie du sens symbolique, il faut l'aider à passer d'une conscience linéaire, logique, chronologique et temporelle, pour découvrir une façon d'être permettant l'émergence de l'inconscient. Cette forme de pensée sera donc étayée par des expressions métaphoriques et des images symboliques.

Ces deux termes de symboles et de métaphore ont fait l'objet et font encore l'objet de nombreuses discussions et théories. Dans ce site le choix a été fait de séparer symbole et métaphore, mais ces deux concepts sont très proches. La métaphore sera utilisée dans ce site, plutôt dans sa dimension de proximité langagière, tandis que le symbole sera explicité dans une forme plus proche de l'image et de la représentation mentale qui peut devenir graphique.



Symbole

Le terme de symbole vient de symbolon, (grec) qui signifie relier. Par exemple, relier les deux moitiés d'un tesson de poterie comme dans l'ancienne Rome, moitiés dont deux sujets étaient porteurs. Lorsqu'ils faisaient à nouveau coïncider les deux moitiés entre eux, cela permettait une reconnaissance mutuelle entre les deux personnes, possédant chacune l'une des deux moitiés.

Un autre aspect du symbole est de pouvoir représenter. L'apparition de l'écriture, ou du moins de signes, sur une poterie contenant des objets, permettait de savoir le nombre et la forme de ces objets. Le symbole est mis à la place de, il est une représentation qui signifie quelque chose. Le symbole, plus qu'un signe quelconque, est un signe de reconnaissance.

Un signe serait, par exemple, le sens interdit qui ne peut signifier qu'une seul chose, apprise par tous. Ce n'est pas le cas des symboles. Selon les psychanalystes, les symboles sont préexistants dans l'inconscient personnel (Freud) ou collectif (Jung). Les symboles possèdent donc des significations communes aux différents individus, mais chacun, ensuite, selon son histoire affective, est plus ou moins sensible à tel ou tel aspect du symbole.

Le symbole de l'œuf, par exemple, peut renvoyer tout un chacun à la notion de naissance, mais certains vont se souvenir de Pâques et du chocolat, d'autres d'un ravissant poussin qu'ils ont élevé, et d'autres se souviendront, par glissement, de leur propre naissance. Le sens des symboles peut donc varier selon les individus, mais aussi les cultures, les religions qui en offrent une multitude, les pays, les interprétations philosophiques, les époques, etc…La dimension symbolique est aussi présente dans les arts et représentations graphiques, comme Guiseppe Arcimboldo dont les tableaux des saisons sous la forme de visages composés d'éléments divers en lien avec la saison représentée (raisins pour l'Automne) ou l'allégorie de l'image de Cupidon pour parler de l'amour.

Le symbole permet donc de relier et de représenter.

Exemple concret d'une utilisation d'une image symbolique en thérapie



Métaphore

La métaphore qui nous vient du latin metaphora, (venu lui-même du grec μεταφορά qui signifie transport), est une figure de style fondée sur l'analogie et/ou la substitution. Il s'agit donc d'une image qui associe un terme à un autre sans comparaison. Il est possible, par exemple de parler d'une question pointue pour évoquer un sujet difficile, alors que les deux termes de la phrase, à la base, n'ont pas de lien logique, sémantique et n'appartiennent pas au même champ lexical. C'est notion permet de traduire une pensée plus riche et plus complexe qu'un simple vocabulaire concret et descriptif. La métaphore permet ainsi de parler du printemps de la vie pour en signifier la jeunesse.

Cette figure de style se différencie de la comparaison en ce sens qu'elle n’utilise pas les termes: comme, ressembler à, pareil à...Ainsi Baudelaire affirme que "la nature est un temple". La métaphore se trouve dans la littérature et plus particulièrement dans la poésie. Ainsi la peau de chagrin ou la fontaine de jouvence deviennent des figures qui peuvent être utilisées dans notre quotidien. un cadeau devient royal, un monument de bêtise ou un tonnerre de rire. La métaphore est aussi présente dans les arts et représentations graphiques, comme Guiseppe Arcimboldo dont les tableaux métaphoriques des saisons sous la forme de visages composés d'éléments divers en lien avec la saison représentée (raisins pour l'Automne) ou l'allégorie de l'image de Cupidon pour parler de l'amour.

En psychanalyse, c'est Lacan qui donne des éclairages (un peu brumeux) sur la métaphore. Il parle donc de la métaphore comme la substitution d'un signifiant à un signifié, refoulé, inconscient et inconnu de la personne. La métaphore permet de renouer le contact avec cette partie de soi-même, eaux troubles profondes de l'inconscient.

Grâce à cette notion se sont développées des thérapies utilisant la fonction cathartique de la métaphore, utilisant ainsi les contes, mythes, histoires d'enseignement, fables qui toutes mettent en scène des images pour permettre à l'enfant, l'adolescent, l’homme d'intégrer des savoirs quand aux enjeux de la vie. Ainsi les histoires d'ogres permettent elles aux enfants d'entendre comme gérer des angoisse de dévoration inhérentes à l'évolution du petit de l'homme. L'avantage de la métaphore est qu'elle parle aux parties de notre esprit qui sont mal accessibles à la conscience directe, à la réflexion et à la compréhension logique. Les grands thèmes comme la naissance, la transformation, le désir, la violence, la mort peuvent ainsi être abordés et digérés plus aisément. En psychologie clinique Milton Erickson créateur d'une forme particulière d'hypnose, préconise de raconter des histoires métaphoriques en lien avec celle de la personne et visant à permettre d'imaginer une transformation possible.

La métaphore dans l'apprentissage des langues met en évidence les différences inter-culturelles. En effet, la métaphore renvoie à une communauté d'esprit, à un langage commun et donc à une loi commune et intégrée. Les personnes psychotiques n'y pas accès, eux qui semblent exclus de cette dimension. Ainsi un patient psychotique, en entendant quelqu'un chanter la chanson "gratte moi la puce que j'ai dans le dos" et qui était entré dans une sorte de boucle folle qui consistait à avancer la main pour gratter le dos de la personne et à la retirer de suite en se demandant tout de même si c'était vrai ou pas. Pour ces personnes le langage n'est pas traversé par des significations communes et c'est un peu comme si chacun d'entre eux parlait sa propre langue. Pour paraphraser Lacan, "le psychotique se parle". La dimension métaphorique et symbolique est donc difficilement voir non accessible à ces patients. L'ergothérapie, proposant des métaphores concrètes peut permettre d'expérimenter des activités signifiantes pour ces personnes.

(voir expériences signifiantes, dans les fonctions de la médiation).





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