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Techniques passives

Les techniques classiques de relaxation sont basées sur la détente musculaire d'une part et sur la détente neurovégétative qui en découle, d'autre part. Le travail de détente des tensions musculaires excessives s'adresse donc au système nerveux central, tandis qu'au niveau neurovégétatif, c'est l'activation du système parasympathique qui est recherchée. Une possible modification de l'état de conscience de la personne relaxante peut-être également induite, recherchée, constatée. Ce sont les fameuses ondes alpha.


Les deux grands courants principaux

La technique de Jacobson est basée sur la conscience d'une alternance de tension et détente. Cette relaxation possède donc une dynamique, elle est dite relaxation active. Elle est apparentée à des techniques très diverses, dérivées ou proches de cette philosophie active: gymnastique douce, méthode T.Bertherat, Eutonie, anti-gymnastique, méthode Martenot, yoga, etc...

La technique de Schultz est basée sur un parcours mental, pratiqué en individuel et proche d'une technique d'autosuggestion. Elle reprend les notions de lourdeur, chaleur, auto induites dans le corps, zone après zone, d'une façon plus "passive". Les techniques qui s'apparentent à cette dernière sont la sophrologie et les formes de relaxation utilisant l'induction, soit sensorielle, soit visuelle ou associant les deux.



La technique retenue pour l'atelier de relaxation

La technique proposée en relaxation s'apparente plutôt à la technique de Schultz, mais sans la dimension d'induction de la sensation à ressentir et avec un support musical. Le choix de ne pas utiliser de techniques inductives sur le plan sensoriel, a été fait par l'ergothérapeute, au vu des tentatives qui se sont soldées par de nombreuses résistances, opposition, réactions, angoisses, etc...C'est une différence fondamentale avec la technique de Schultz qui propose d'expérimenter chaleur et pesanteur. Ce sont, effectivement, les sensations le plus fréquemment retrouvées, mais si elles sont induites par la thérapeute, cela place le sujet en position de devoir ressentir cette sensation. Or dans un service de psychiatrie, cela risque de provoquer, résistance, opposition, illusion magique, passivité et dépendance. Projeter sur autrui les "bonnes sensations de détente à ressentir" ne semble pas favoriser une situation propice à la découverte de soi-même, ce qui est le but premier d'une psychothérapie.

Cette seconde partie de la séance, consacrée à la relaxation, se déroule donc allongé(e). Là aussi, l'accent est mis sur la position du corps, mais cette fois pour qu'elle soit la plus confortable possible pour permettre un lâcher prise musculaire le plus complet possible.  Des coussins divers permettent une bonne position des vertèbres cervicales. De même des rouleaux de tailles diverses favorisent une bonne installation lombaire grâce à la surélévation des genoux. La cambrure naturelle est ainsi effacée. Ces aides extérieures peuvent progressivement disparaître lorsque la détente est acquise plus facilement. Dans cette position, le massage du ventre peut se réaliser avant de pratiquer la relaxation impressive.

L'utilisation de la médiation sonore commence lors du massage du ventre, zone du centre du corps. Progressivement la musique vient s'inscrire au côté de la voix de la thérapeute et , lors des moments où la parole s'arrête, la présence sonore permet d'expérimenter un temps personnel de "solitude en présence des autres" tel que le définit Winnicott. Les musiques sont choisies, oscillant entre enveloppantes, « berçantes » ou « planantes » suivant les personnes présentes dans le groupe.

Lors de ce second temps, il s’agit alors de proposer d'un parcours mental, d'une mobilisation de l'esprit dans diverses zones corporelles. L'idéal, pour ne pas multiplier les excitations externes, serait un travail sans musique. L'angoisse de vide de certains patients a conduit à conserver une enveloppe sonore rassurante. Une ligne directrice est retrouvée, le plus fréquemment, sous la forme d'une descente mentale progressive, de la tête aux pieds. Les zones du corps sont successivement nommées, explorées, ce qui se rapproche de la technique de Schultz. Cette notion de parcours mental redonne à la personne une possibilité de se centrer, au double sens: au sens physique (densité du corps et surtout conscience du centre de gravité éprouvé lors des automassages) et au sens psychique (conscience de soi qui peut rassembler les ressentis, les mettre en mots et entrer dans la conscience du lien corps-esprit). Ces parcours peuvent être organisés autour des sensations de chaleur, de pesanteur, de contact avec le sol et demeurent au plus près de la dimension sensorielle.  Plusieurs pistes sont possibles, qui s'intriquent parfois et sont proposées selon les besoins et les capacités des personnes présentes. Sont ainsi explorés:

  • Une conscience de la sensation de chaleur, souvent la plus facile à ressentir après les massages et notamment au niveau du ventre, dernière zone massée et où il est possible de renforcer cette sensation de chaleur par la présence des mains. Cette conscience de la chaleur porte sur la quantité et la qualité, sur la distinction entre chaleur d'enveloppe (couverture, vêtements, contact des mains) ou de profondeur (espace profond du corps). Ce travail peut s'accompagner ou non de visualisations, toujours appuyées sur plusieurs images au choix du patient, jusqu'à ce qu'il ou elle trouve sa propre image de cette sensation de chaleur.
  • Un voyage progressif dans le corps, avec une mentalisation des différentes zones du corps, de la tête aux pieds, en favorisant le souvenir des massages et des sensations ressenties. Il est possible de parler d’une sorte de « révision » du schéma corporel, avec conscience des points de contact et des autres sensations (chaleur, lourdeur). Cette écoute des zones du corps peut s'associer à la respiration ou à des images. 
  • Un travail sur la respiration. Ce dernier est intéressant dans la mesure où cette dernière fait du lien entre dedans et dehors. Ces expérimentations proposées ont l'avantage de permettre à la personne de poursuivre seule l'écoute de sa respiration. Plusieurs pistes sont possibles: écoute des différentes zones où se perçoit la respiration, écoute des différents rythmes, des éventuelles pauses, de la qualité, du lien entre expiration et pesanteur, inspiration et espace du souffle à l'intérieur de soi, etc. Une attention est portée plus particulièrement à la zone du centre du corps, et donc à la respiration dite abdominale, en utilisant des images ou des phrases permettant une conscience des différents temps que sont l'inspir et l'expir.
  • Enfin des inductions imaginaires peuvent être proposées, mais à la différence de la sophrologie cette fois, sans intentionnalité. L'image proposée demeure vague, comme la visualisation d'une couleur, d'un objet, d'un paysage naturel, etc. Ces inductions sont proposées comme une mise en éveil de la dimension imaginaire de la personne, de la pensée représentative, de la mise en images comme un rêve éveillé. Certaines peuvent porter sur la métaphore de l'enveloppe ou du passage, de la métamorphose et du mouvement. La conscience du lien entre corps et esprit est ainsi travaillée.
 
Le rituel dit « de reprise », dans la plupart des techniques corporelles, permet le retour à la réalité et au mouvement, à la conscience des autres personnes dans la salle, à la conscience du temps écoulé. La notion de retour à la réalité est importante et se fait sous la forme d’un retour à la conscience des sensations lors des mouvements, soit par une augmentation des inspirations comme des soupirs, soir par le retour de mouvements lents et progressifs. Cette dernière est alors augmentée, exagérée pour favoriser une plus grande oxygénation et donc un réveil progressif avec envie de bouger et de mobiliser progressivement le corps. Une invitation verbale proposant un retour à la conscience des sensations et de leur éventuelle modification est proposée (respiration, contact, température, etc).

Cette invitation à l’écoute du lien corps et esprit va ouvrir un temps de parole, soit spontané soit incité par des questions les plus ouvertes possibles: l’esprit était-il centré sur la musiques, les sensations, des images ou des pensées. Corps et esprit étaient-ils ensemble détendus ?
Sommeil et sensations de flottements entre deux, chaleur et pesanteur, sont fréquemment évoqués pour décrire les ressentis de la séance. L'utilisation de dessins du corps, de silhouettes ou des empreintes de pied, peuvent venir en complément pour favoriser la conscience de soi et la parole.





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