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Un dispositif intra-hospitalier adulte

Un dispositif intra-hospitalier adulte Zoom sur Un dispositif intra-hospitalier adulte

La description qui suit est basée sur un certain mode de fonctionnement institutionnel, qui utilise l'outil de soin psychique nommé psychothérapie (basé sur la parole et l'introspection) en milieu intra-hospitalier. 


Cette modalité de travail est utilisée dans le service intra-hospitalier dans lequel j'ai travaillé. L'orientation des thérapies était tout d'abord centré sur des psychothérapies d'inspiration analytique, puis a intégré peu à peu, l'apport des TCC. 






Être à l’hôpital : Il est important de toujours se demander quelle est la nécessité d’une hospitalisation et quels en sont les effets immédiats. Quelle position cela donne au patient ? Quel impact cela a t’il sur lui et sur son environnement ? Quels effets peut-on en attendre, avant même d’entrer dans la thérapie? Pour certains patients le simple fait d'être à l'hôpital suffira et ne nécessitera pas de médicaments. La façon dont se passe l’accueil du patient, son premier jour sont également important. Qui va accueillir la personne ? Comment? A quel moment?

Tout l'art étant de proposer au patient un lieu où il pourra se poser et se sentir en sécurité, accueilli dans sa singularité, mais en n'en faisant pas un foyer familial duquel il aura ensuite bien du mal à s'extirper...


Le premier entretien médical : Discussion et anamnèse vont déterminer le rythme et les conditions de la psychothérapie individuelle, et s’il y aura chimiothérapie ou non. Différents types de psychothérapies sont proposés : de soutien, à visée psychanalytique, comportementaliste, cognitive. Cet entretien peut être fait par un psychiatre de garde qui sera, ou non, le psychothérapeute de la personne par la suite. Après cette première rencontre la personne est accueillie par l'équipe infirmière et le travail de soin peut alors commencer.


Les différents intervenants: L’action spécifique de chaque soignant est importante à dégager. Dans le secteur de la "psy", nous rencontrons un phénomène fréquent, mais peut-être ailleurs aussi, c'est celui de glissement de taches, de flou dans les rôles et compétences, ou de taches partagées et transversales selon les lieux d'exercice. Il faut bien différencier les choses et tenter de définir un peu mieux les limites des champs d'interventions de chacun.

  • Les psychiatres sont les thérapeutes référents. Ils ou elles proposent les entretiens médicaux ou de psychothérapie, ils mettent en place les traitement médicamenteux et prescrivent les co-thérapies. Ils donnent "le ton" du travail en mettant en place les projets médicaux et institutionnels, donnant le cap pour les équipes. Ils animent les réunions de synthèse. Ils sont les garants de la thérapie.
  • Les psychologues peuvent pratiquer des tests projectifs, mémoriels, d’évolution démentielle, organiser des groupes de paroles, faire des suivis psychothérapeutiques individuels ou même proposer aussi des activités thérapeutiques, seuls ou en co-animation avec un autre professionnel.
  • Les infirmiers ont un rôle d’écoute lors d’entretiens infirmiers et de relation d’aide, de présence de jour comme de nuit, de référence en ce qui concerne les règles de vie institutionnelles, et leur rôle classique de soins médicaux, de mise en place du traitement prescrit, de soins corporels éventuels, d’observation. En "psy", il proposent aussi des activités occupationnelles ou thérapeutiques. Les entretiens infirmiers, selon la législation, devraient donc se limiter à des entretiens d'aide et d'écoute, plutôt centré sur le vécu de l'hospitalisation que sur l'histoire ou le passé de la personne.

  • Les aides soignantes et les ASH ont également leur rôle classique, avec une possibilités de relation parfois plus privilégiée car vécues comme moins à distance du patient. C’est parfois à elles que se confient plus aisément certains sujets. En "psy" elles peuvent aussi proposer des activités et des accompagnements de patients lors de sorties diverses.

  • Les assistantes sociales ont leur rôle habituel aussi, mais doivent veiller de plus, à ne pas trop intervenir dans les cas où les patients doivent être autonomes dans leurs recherches de travail, appartement ou autres…La plus grande difficulté pour elles devient de pouvoir trouver un lieu de vie pour des personnes de plus en plus en difficulté, surtout dans le domaine de la psychose.
  • Les ergothérapeutes se centrent sur la dimension occupationnelle humaine, au sens le plus large et le pus noble, dans les domaines de la productivité, des soins personnels et des loisirs. Les activités/médiations thérapeutiques proposées peuvent être extrêmement diversifiées selon les lieux d'exercice. Notre pratique ressemble parfois à celle d'un caméléon, adaptable à bon nombre de lieux...Il n'en demeure pas moins qu'il est important de défendre notre spécificité et lorsque nous somme amenés à co-animer, par choix ou non, avec d'autres intervenants, il faut alors bien spécifier que nous co-animons des activités/médiations thérapeutiques et que nous ne faisons pas de l'ergothérapie avec un autre professionnel qui lui ou elle n'est pas ergo. Et il ne s'agit pas juste d'un simple mot...


Les principes thérapeutiques institutionnels  
Plus que d'objectifs institutionnels, nous pourrions parler d'orientations thérapeutiques du service qui vont déterminer des principes thérapeutiques, en principe communs. Il est important de connaître ces grandes intentions et principes thérapeutiques, valables pour tous les thérapeutes et sur lesquels nous allons baser notre thérapie.  Dans l'idéal, une orientation "raisonnablement" collective devrait permettre d'entrer dans une dynamique collective cohérente. Il ne s'agit pas d'entrer dans une pensée unique, mais de pouvoir échanger sur nos pratiques lors de réunions institutionnelles où les pratiques de chacun peuvent être décrites et débattues. 

Les rôles et compétences de chacun gagnent donc à être clairement définis, mais nous connaissons tous les glissements de taches et de compétences, en fonction des habitudes de travail institutionnel. Les réunions de synthèse nous servent ensuite à tenter de mettre en corrélation le projet de vie du patient, nos propositions thérapeutiques diversifiées et de voir comment une interface est possible, ou non, avec nos capacités mais aussi nos limites.

En "psy", nous sommes souvent porteurs de références issues des modèles proposés par la psychiatrie ou la psychologie. (voir modèles conceptuels interprofessionnels). Nous pouvons regarder nos pratiques thérapeutiques sous l'angle de l'orientation globale de thérapie qui est pratiquée dans l'institution où nous travaillons. En effet, un service dont l'orientation est l'utilisation de la psychothérapie institutionnelle, des TTC ou encore porteuse d'un projet en éducation thérapeutique n'entrera pas dans les mêmes logiques de soins. De même, travailler dans un milieu intra-hospitalier proposant du soin psychique, dans une institution proposant des hospitalisation de jour où de projets de réhabilitation ou d'autonomie, n'engageront pas les mêmes types d'objectifs institutionnels. 

Actuellement, les orientations de la psychiatrie, pour des raisons économiques et sociétales diverses, tendent à changer. La notion même de psychothérapie institutionnelle, au sens d'un travail psycho-dynamique dans le domaine du sens symbolique, du fonctionnement intra-psychique d'une personne ou même au sens d'un travail d'analyse de ce qui se joue dans le milieu institutionnel et qui est parfois, ce qui bloque une thérapie (clivages entre les équipes, difficulté de communication, réactions de contre-transfert institutionnel négatif, etc...) n'est plus guère "à la mode". 

Prendre le temps nécessaire à un changement interne n'est plus tout à fait dans l'air du temps...Il faut aller de plus en plus vite, être de plus en plus efficace et surtout le prouver. Autant de choses qui ne font pas bon ménage avec la lenteur et la subtilité du changement intérieur, qui peut sembler parfois infime ou parfois même attribuable (pour les mauvaises langues) au temps lui-même. Le soin psychique des profondeurs qui tient compte de l'inconscient et de ses méandres, n'est ni rapide, ni visible. 

Parfois, c'est en travaillant dans une telle zone intra-psychique, qu'il se passe des choses dans la vie quotidienne du patient, sans jamais faire appel à un ré-entrainement de type ré-éducatif. Une belle métaphore, entendue un jour dans un congrès, est celle de l'ellipse: elle a deux foyers, deux centres. On croit travailler sur l'un de ces centres, celui qui est le plus accessible et visible, le conscient, et c'est toujours dans l'autre foyer/centre que tout se joue, la fameuse "autre scène" de l'inconscient.

Lorsqu’une personne est hospitalisée à sa demande ou non, c’est avant tout parce que des symptômes gênants et invalidants pour elle ou pour autrui sont apparus. La première demande est donc d’enrayer, de faire disparaître ces symptômes. Les médicaments, l’éloignement du milieu quotidien et de ce qui peut pérenniser le symptôme, le cadre de l’hôpital, la durée de l’hospitalisation sont autant de facteurs d’action sur cette dimensions du symptôme. Suivant l’âge et la pathologie, cette action sera suffisante, fondamentale, insuffisante, inefficace, etc…Cette demande des patients d'être débarrassés de leurs symptômes est légitime. Mais dans le domaine de la psy, en dehors des pathologies psychiatriques avérées (psychoses, troubles de l'humeur de type mélancolique) le traitement n'est pas uniquement à visée symptomatique et la notion de psychothérapie est à connaitre et utiliser.(voir 
Qu'est-ce que la psychothérapie?)


Les écrits de cet article sont la propriété intellectuelle

de sa créatrice, Muriel Launois et n'engagent qu'elle. (article datant de 2020)
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