DECOUVERTESQUESTIONNAIRE ***Journée en santé mentaleExposition virtuelleErgo et sommeilA lire, à découvrirDes sites à visiter COTE CORPSEnregistrements séancesUne pratique intégrativeProcessus thérapeutiquesEprouvé corporelConscience de soiLien corps et espritHypnose et douleurLa pleine conscienceEducation santé NPPPENSER SA PRATIQUEEtre ergo en psyGRESM et livre blancMéditations personnellesModèles conceptuelsSoin/thérapie psychique Côté psycho-dynamiqueModèles en ergothérapie ENSEIGNEMENT Enseigner l'ergo en psyCours IFE NancyCours IFE AlençonMétaphores scolairesMémoiresMémoires ergos Mémoires ergos psychoseQuestionnaires ergoDISPOSITIF THERAPEUTIQUEPourquoi et comment? Relation thérapeutiqueCadre thérapeutique Activités et médiationsAnalyses réflexivesAnalyses de pratiques Analyse d'activitésAnalyse d'ateliersStructurer la thérapieDispositif institutionnelProcessus d'interventionDonner du sens Objectifs ou processus? Co-construire des objectifsProcessus thérapeutiquesCLINIQUEHistoires ou cas cliniques?Structures et personnalitésPathologiesAu cinémaEn addictologieLettre oubliée Addictologie et ETPAtelier d'écriture Obésité et TCAEn chirurgie bariatriqueArticle ETP By passCongrès 2021 du GROSDES PRATIQUESJouer Cadre et analysesExpression Des squigglesRessources-compétencesEmotionsAutonomie Jeu de la maisonWebinaire ANFE 2021Vivre ses émotionsThéories Des pratiques en PsyRéhabilitationGroupe Autonomie-Projets Groupe ressourcesDeltamorphosesEn milieu ferméUn espace thérapeutiqueHistoire d'espacesFORMATIONS Formations JEUX Formation EMOTIONSAutres professionnels
Information

Ce site est en constante évolution et lorsque des articles sont en travail, ils sont signalés en début de page....




Accueil » Processus thérapeutiques » Lien corps et esprit

Fonction d'individuation


La fonction d’individuation du soi proposée par le moi peau va permettre l'expérience du sentiment d'être unique, d'avoir sa peau personnelle et son espace psychique possédant ses frontières. Cette fonction est l'aboutissement de la conscience de soi. Seront abordés ainsi dans cet article la notion de narcissisme, les notions d'espace personnel et surtout de centre de soi-même. Cette fonction d'individuation demeure souvent un horizon lointain, voir une terra incognita pour la plupart des relaxants venus, le plus souvent, rechercher une béate inconscience en se remettant entre les mains de la thérapeute. Le travail d'éveil de la conscience de soi et de son sentiment d'unité n'est que rarement mis en avant comme motivation des relaxants. Cette fonction d'individuation du soi est étroitement liée à la fonction d'inter sensorialité.


Narcissisme
Qu’en est-il du narcissisme en relaxation ? De nombreux auteurs ont contribué à nous aider à mettre des mots sur cette construction narcissique de soi-même. Freud a bien défini les notions de narcissisme primaire et secondaire, (voir narcissisme dans les modèles conceptuels).J. Laplanche et B. Pontalis définissent le narcissisme comme désignant, en référence au mythe de Narcisse se noyant dans sa propre image qui lui voile tout le reste de l'existence du monde, l’amour porté à l’image de soi-même.« On peut concevoir la constitution du Moi comme unité psychique corrélativement à la constitution du schéma corporel. On peut aussi penser qu’une telle unité est précipitée par une certaine image que le sujet acquiert de lui-même sur le modèle d’autrui, et qui est le Moi. Le narcissisme serait la captation amoureuse du sujet par cette image » (J. Laplanche et B. Pontalis, 1967).

La constitution du narcissisme est intriquée avec celle du schéma corporel et de l'image du corps.D.Anzieu quand à lui, se centre sur la notion d'enveloppe psychique qui va contribuer au sentiment d'existence en tant qu'être unique et séparé. La constitution progressive du moi, en distinction du non moi chez Winnicott donne encore un autre angle de vue. Lacan parle quand à lui du stade du miroir, premier moment fondateur du Moi, avec cette expérience narcissique fondamentale qui prouve que l'image du corps est le support du narcissisme.Dolto le rejoint dans ce constat, soulignant aussi que la mère donne sens au narcissisme de l'enfant et le soutient par son corps propre, son schéma corporel, son image d'elle-même.

Le sentiment d'unité de soi, quel que soit l'angle de vue que les auteurs utilisent pour le définir se forme donc à la croisée de l'intrication du schéma corporel, de l’image de soi, d'un narcissisme étayé sur celui de l'autre. C'est cette dernière phrase qui va nous aider à comprendre comment la relation thérapeute-patient va contribuer à une renarcissisation de la personne, tant qur le plan du narcissisme primaire que secondaire.

  • Le retour à un narcissisme primaire, va s'inscrire dans plusieurs domaines: le type de relation proposée à savoir la transmission mais aussi  la "soumission " de type infantile ou la dépendance souvent recherchée, la tonalité de voix enveloppante, la position allongée et régressive, l'ambiance feutrée d'une grotte protectrice renforcée par l'enveloppe potentielle des couvertures,
  • Le narcissisme secondaire lui, est porté par le retour sur soi de la libido. Sans cesse l'attention de la personne est ramenée à soi, son corps propre, ses sensations, ses images.La voix et les inductions de la thérapeute vont dans ce sens.Les modifications toniques et sensorielles imprimées au corps du ou de la relaxante ont été expérimentés par la thérapeute qui peut ainsi se référer à cette expérience pour proposer un fil conducteur dans le repérage et l'élimination des tensions. Le regard posé sur le patient est tout aussi fondamental que la voix. Ainsi le monde se restreint petit à petit à une voix, à des sensations et à un investissement en soi de la libido.



L'espace personnel
La place de chacun, dans ce cadre spatial est importante à remarquer. Certains patients sont toujours à la même place, d'autres au centre, au fond ou devant, certains se placent très près de la thérapeute ou entre elle et les autres patients, empêchant la relation par le regard avec les autres patients. Cette notion d'espace personnel et d'espace groupal est plus détaillée dans son versant de modalités de thérapie dans un autre article. (voir habiter l'espace). Cette dimension très concrète de l'espace personnel extérieur permet de préparer et d'étayer le travail de conscience de soi intérieure.

Il est proposé à chaque personne de s'installer dans l'espace de la salle. Cette installation est tout à la fois source de différenciation et d'intégration groupale. En effet, le matériel permettant de s'installer est mis en commun au départ, tel un pôle collectif à partager. Chacun et chacune, peut personnaliser son espace. Les coussins sont volontairement variés, les tapis aussi. Le nombre de couvertures utilisées peut varier, pour mettre au dessus ou en dessous de soi. C'est la capacité de chacun et chacune à créer son espace personnel, sa bulle, plus ou moins éloignée de celle des autres personnes. Cet espace physique sera prolongé ensuite par la capacité à faire exister et à protéger son espace intérieur psychique.Les couvertures et coussins, qui ne sont pas sans rappeler l'espace très intime du lit et du coucher, sont proposés là comme une possibilité de se les approprier. Les personnes relaxantes qui connaissent le rituel commencent à s'installer.



La métaphore du centre
La notion de centre d'énergie, une métaphore propre à la pensée chinoise mais aussi à de nombreuses autres techniques corporelles, vient s'inscrire comme une métaphore d'une entité globale. Ce centre énergétique est situé, selon les Chinois à quelques centimètres sous le nombril, favorise un travail métaphorique sur la nécessité de posséder en soi un centre, symbole de soi-même, de l’essentiel en soi, ou bien encore de la capacité à se recentrer sur soi-même, à s’écouter. Cette image du centre permet de faire passer de nombreux messages concernant l’importance d’être centré, rassemblé, contenu en une image globale et cohérente. Cette notion du centre est retrouvée sous différents aspects: le centre psychique et le centre corporel.

Très souvent le centre psychique de soi est plutôt vécu comme étant le cerveau, organe noble de la pensée et impossible à ressentir sur un plan sensoriel. Il est souvent proposé d'expérimenter la notion de conscience de soi, comme étant la capacité à se rendre conscient de sensations éprouvées dans telles ou telle zone du corps. Cette notion du centre psychique est peu utilisée car souvent les personnes ont plutôt le sentiment que dans leur esprit règne tout un cortège de pensées plus ou moins dérangeantes, négatives, obsédantes et dont ils préféreraient se débarrasser. Attirer l'attention sur un travail de représentation métaphorique du centre psychique, de l'esprit, trop souvent apparenté au cerveau, ne permet pas aux personnes de relier corps et esprit. Il a donc été choisi de privilégier le travail sur le centre corporel.

Le centre corporel est donc proposé comme étant situé au niveau du ventre. Les temps d'auto-massage s’achèvent donc sur la zone du ventre et du bas du ventre. Le travail s'effectue par auto-massages, mouvements conscients du bassin, concentration sur la respiration abdominale, conscience de la posture de la colonne enracinée dans le bassin, etc.. Cette zone peut également être soulignée comme étant le lieu du centre de gravité du corps humain, comme point d'équilibre des forces.

Le travail de renforcement de sensations et de conscience de cette zone suffit en soi-même, mais il est possible de l’approfondir encore. Ainsi proposer à une personne d’imaginer son centre énergétique est une expérience qui permet de mieux connaître ce qui la fonde et de mieux lui faire découvrir ce qui est central, essentiel pour elle. Il est ainsi proposé à la personne relaxante de "mettre sa pensée" dans la zone du corps et d'y "laisser émerger une image" reliée à ce centre.

L'image proposée par les chinois demeure abstraite, dénommé Tan Tien. Chez les japonais il s'agit du fameux Hara, associé à des images guerrières pour le moins particulières. Les hindou y proposent l'image d'une sphère de couleur orange ou d'un lotus avec un certain nombre de pétales. Les occidentaux parlent d'un second cerveau situé dans cette zone, permettant une régulation automatique du système neuro-végétatif. Aucune image issue de l'extérieur n'est à même de s'appliquer sur ce qui se doit de demeurer une expérience personnelle. Ces images peuvent être citées éventuellement, s'il n'y a pas de risque d'alimenter un délire déjà ésotérique ou des obsessions idéatives.

Il s’avère, au fil des séances, que les personnes ne parviennent que rarement à avoir une image symbolique de leur centre. Par contre, des images souvent surviennent, qui se révèlent centrales dans la problématique de la personne. Comme si le simple fait de parler du centre, de nommer cette notion abstraite, produisait un effet de mise en lumière de quelque chose de central au sens de l’essentiel. Toutefois, ce type de travail étant proposé en groupe ouverts, avec des personnes ayant des niveaux de conscience d’eux-mêmes et des imaginaires très variés, il reste assez difficile à pratiquer.







Les écrits de ce site sont la propriété intellectuelle de sa créatrice et n'engagent qu'elle.
Il est possible d'utiliser tout ou partie des élaborations proposées, en citant vos sources.
Merci d'avance d'en respecter l'esprit.



| |
Ergopsy - 2015
Infos légales