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Respiration


L’expérience de respiration consciente offre une large palette de découvertes : interoceptives, de passage entre dedans et dehors, imaginaires, ou émotionnelles. Qu’elle soit laissée libre ou modifiée, simplement écoutée ou considérée comme une possibilité d’action sur le système neuro-végétatif, la respiration est intimement liée à la dimension émotionnelle de la personne.

La respiration est modulée en 2, 3 ou 4 temps. Le temps actif de l’inspiration, le temps passif de l’expiration et un ou deux temps de pause respiratoire entre l’inspiration et/ou l’expiration. La respiration propose donc tout un panel de découvertes entre faire et non faire. De nombreux exercices de respiration existent ainsi, dans de nombreuses méthodes. Tour à tour, l’attention est attirée sur le rythme, l’alternance inspir et expir, les différents foyers de la respiration, son amplitude, les pauses respiratoires, etc….Il peut être question de l’écouter, la modifier, la prolonger, la déployer, la rythmer, etc….

Certains de ces exercices sont employés lors des séances de détente corporelle, lorsque les automassages sont terminés et que le corps sensoriel ainsi éveillé est mis au repos. L’utilisation des expérimentations de respiration consciente permet un sas de passage entre les massages extéroceptifs, proprioceptifs, et le temps d’intériorisation dans l’immobilité. Ce sas de passage entre dedans et dehors est bien déployé dans la respiration, elle-même passage entre dedans et dehors du corps.


Les foyers de respiration

Ce sont les zones d’impulsion, de départ de la respiration. Il est possible, selon les auteurs, d’en repérer 3 ou 4 : la zone nez-gorge, la zone thoracique haute, la zone diaphragmatique, la zone abdominale.

  • La zone du visage permet, en particulier de sentir dans le nez, la différence de température de l’air qui entre et de l’air qui sort du corps. Il est également possible de différencier les narines, de sentir le passage de l’air d’un côté et de l’autre, de percevoir la fraîcheur de l’air jusqu’entre les sourcils. Cette zone du corps est le point d’entrée, la zone de passage entre dedans et dehors.
  • La zone thoracique haute se situe dans les zones des épaules, du haut de la poitrine et du dos. Cette respiration haute est proposée à la découverte lorsque les automassages sont pratiqués dans cette zone. Il est demandé aux personnes d’ouvrir les bras en croix, afin de sentir cette respiration qui est ainsi sollicitée d’une façon artificielle, mais qui permet de sentir aisément si elle est bloquée ou non, si des tensions musculaires empêchent sa fluidité. Si cette respiration est utilisée de façon préférentielle par une personne, il est aisé de comprendre que des tensions musculaires empêchent une respiration plus basse (tensions des intercostaux, du diaphragme ou abdominales).
  • La zone du diaphragme, si elle est suffisamment mobile, permet un massage des organes et viscères intérieurs par ce grand musclé inséré sous les côtés et qui tapisse toute la largeur du corps. Les bénéfices de ce type de massage sont étayés par des explication variées : les auteurs chinois vont parler de circulation d’énergie entre le haut et le bas du corps, les auteurs occidentaux vont parler de système parasympathique, de modifications des gaz sanguins ou du rapport CO et CO2, ou bien encore d’action sur les endorphines, sérotonine ou dopamine. Des exercices de respiration consciente, le rire ou le chant sont susceptibles de modifier la souplesse du diaphragme.
  • La respiration abdominale, la plus profonde et la plus basse est, quand à elle, sollicitée en dernier, juste avant le temps d’intériorisation. Cette respiration , qui n'en est pas une véritablement, est liée à la répercussion des mouvements du diaphragme. C’est la respiration qui va proposer du calme, de la détente et l’activation du système nerveux para-sympathique, dans son rôle de frein, d’apaisement du corps. Aller jusqu’à cette zone pour respirer en profondeur favorise une meilleure oxygénation car la respiration devient totale et ne s’arrête pas dans des zones supérieures.


Sensations intéroceptives et respiration consciente


Les expérimentations intéroceptives et de passage entre dedans et dehors sont nombreuses : L’alternance de vide et de plein, le rythme régulier, le passage de l’air qui soulève, gonfle, circule, sont autant de pistes de découverte de la respiration. Ainsi, l’air entre frais dans les narines et ressort plus chaud, une façon d’expérimenter que l’air se réchauffe au dedans de nous-même. Il est possible d’expérimenter les sensations du mouvement du diaphragme qui s’abaisse à l’inspiration et peut donner soit une sensation d’un mouvement de descente soit l’impression qu’un élastique se desserre autour de la taille. Le mouvement de la cage thoracique qui se déploie à l’inspiration peut également être perceptible. Le mouvement de respiration abdominale est également aisément perceptible.

C’est tout un ensemble de mouvement, de sensations internes de dilatation et de contraction qui sont ainsi écoutées et notamment à travers leurs répercussions externes, musculaires. Les sensations proprioceptives sont également concernées pour certains mouvements et se mêlent harmonieusement aux sensations intéroceptives. Mais est-il possible, au-delà d’une simple écoute de ces sensations, de les modifier plus ou moins volontairement ? La respiration est l’une des fonctions végétatives la plus facile à percevoir, en comparaison des autres organes et viscères internes. Le rythme du c½ur est également perceptible que cela soit dans la poitrine ou dans la pulsation de la circulation sanguine dans une veine ou une artère. Néanmoins, l’expérience nous montre que le rythme cardiaque demeure plus difficile à percevoir et ne propose pas, à moins d’un entraînement particulier, l’expérience d’une action sur sa régularité. (Voir les 3 sensorialités)

La respiration, elle, demeure une fonction qui peut être modifiée, au moins momentanément, par la volonté et le contrôle cérébral. En effet, cette dernière se fait spontanément grâce au système nerveux autonome, sans avoir recours à notre conscience, mais il est tout à fait possible de la modifier volontairement, pour expérimenter des respirations plus amples, des soupirs, modifier son rythme, etc…C’est l’une des rares sensations intéroceptives sur laquelle il est possible d’intervenir assez aisément. La personne peut ainsi expérimenter une action possible sur une dimension d’elle-même la plupart du temps ignorée ou considérée comme automatique. Cela aide à une meilleure conscience et écoute de soi-même, à la conscience d’une action possible sur soi-même.

Un travail sur la respiration, qu’il soit juste une écoute ou une modification volontaire, permet une stimulation du système neurovégétatif para sympathique, avec tout un cortège de signes objectifs : ralentissement du rythme cardiaque, vaso dilatation des vaisseaux et sensation de chaleur, libération d’hormones favorisant la détente, avec bâillements, soupirs , stimulation du tube digestif avec son cortège de gargouillis intestinaux, ouverture des sphincters, salive et déglutition plus importante, etc….Les vécus de bien être associés à ce système para-sympathique viennent ainsi contrebalancer les effets négatifs du stress qui, lui, met souvent à trop forte contribution le système sympathique, vecteur de l’action mais pouvant conduire à l’épuisement. Le système neuro-végétatif est activateur ou inhibiteur des réactions corporelles liées, entre autres choses, à l’émotion.



L’émotion

Les 4 grands sentiments de base que sont la peur, la colère, la joie et la tristesse, sont l’expression de notre vie émotionnelle et peuvent se composer entre eux, créant d’autres sentiments. Ainsi la peur, à petite dose, génère de l’inquiétude, ou de l’angoisse, une peur sans objet réel. La tristesse se décline en chagrin, morosité. La colère peut passer de l’irritation à la fureur passagère ou à la rage, qui peut être tenace. La joie se déploie entre sérénité, enthousiasme actif plus ou moins durable, plénitude.

Le vécu de ses sentiments peut être considéré sous un angle chronologique, temps d’augmentation progressive de ce sentiment, maximum de l’intensité du sentiment, puis décharge émotionnelle de ce sentiment, avec un sentiment de bien-être ensuite. La difficulté survient lorsque, pour des raisons affectives, le vécu de ces sentiments a été interdit par l’extérieur ou contenu voir refoulé dans le psychisme. Dans ce cas l’expression émotionnelle est prolongée dans le meilleur des cas, comme si elle était diluée, voir elle devient insuffisante ou même bloquée.

L’un des acteurs de ce blocage est le diaphragme qui, en empêchant une respiration trop profonde, trop ample, bloque le risque d’expression cathartique, vécue comme trop intense, de telle ou telle émotion Ainsi, pour éviter d’être submergé(e) par l’émotion, la personne se contracte, se tend, contient, la respiration se raccourcit, le diaphragme se rigidifie et ne vient plus masser en profondeur comme une grande vague, les organes et viscères internes. Un travail progressif de ce grand muscle de la respiration s’avère donc important pour permettre une expression émotionnelle plus riche et spontanée.

Un autre acteur entre en jeu en ce qui concerne l’émotion, c’est l’hypothalamus. Situé à la base du cerveau sous le troisième ventricule, il constitue le cerveau conducteur de la vie végétative qui gère l’expression des émotions. Les réactions viscérales telles que rougissement ou blêmissement, modification du diamètre de la pupille, émission de larmes, relâchement des sphincters, sudation, hérissement des poils, etc…sont déclenchés par des influx d’origine thalamiques. Pour les auteurs centrés sur les effets biologiques du PH du sang, ce dernier aurait une influence sur les réactions hypothalamiques et donc sur la qualité des décharges émotionnelles. Ainsi un PH trop bas qui devient acide, inhiberait les réactions hypothalamiques, tandis qu’un PH alcalin stimule l’hypothalamus et provoque des décharges émotionnelles plus rapides et efficaces.

La respiration correspond à une opération de combustion lente. Cela provoque une oxydation respiratoire qui se réalise au niveau cellulaire des tissus. Les cellules absorbent de l’oxygène et rejettent du dioxyde de Carbonne et de l’eau. Ces échanges gazeux se réalisent par simple diffusion au travers des parois alvéolaires. L’oxygène et le gaz carbonique sont véhiculés par le sang. L’alimentation aurait aussi un rôle déterminant dans ce PH sanguin. L’acidité en excès dans les masses musculaires provoque des tensions musculaires. Ces théories alimentent les pistes de la tétanie et de la spasmophilie, vue sous un angle biologique.

Ces théories se centrent sur un impact biologique, créant progressivement de véritables cuirasses musculaires, des contractures douloureuses. Par ailleurs, il a été démontré que le stress a un rôle négatif sur l’axe hypothalamo-hypophysaire-surrénalien. Ainsi, proposer des méthodes, douces ou plus vigoureuses de respiration, tendrait à aller dans un sens d’amélioration de cet axe, et du fonctionnement de l’hypothalamus, donc de favoriser une régulation émotionnelle. Certaines pratiques de respiration visant à la libération émotionnelle tentent donc de modifier le PH sanguin en vue d’une action sur l’hypothalamus.

Ainsi, des techniques de « rebirth », proposent ce type de travail, modifiant, entre autre chose, les gaz du sang. Cette technique cathartique consiste en des respirations vigoureuses, amples et exagérées, permettant de vivre un sentiment de renaissance. Cette renaissance se situe d’une part sur un plan physiologique (sous tendu par une idée de purification corporelle par la respiration), et d’autre part sur un plan psychologique plus fantasmatique, articulé autour d’une renaissance de soi-même.
Ces techniques cathartiques ne sont pas utilisées dans l’atelier de détente où il s’agit plutôt d’une régulation en douceur. Cet atelier ne vise pas directement à une libration émotionnelle rapide, forcée ou cathartique. C’est la version douce et lente d’un travail de libération du souffle, plutôt centré sur la libération du diaphragme.



Imaginaire et respiration

Pour ne pas demeurer dans la sensation pure, le passage par l’imaginaire est proposé. Plusieurs niveaux sont possibles, allant de l’émergence d’une image spontanée et personnelle, à une invitation à aller vers l’image, ou à une induction plus dirigée.

L’émergence d’images personnelles durant la respiration demeure chose rare, dans cet atelier de détente proposé à des personnes en souffrance psychique, surtout en groupe. Cela nécessite d’être à la fois concentré sur la respiration et à l’écoute d’images, d’idées, de souvenirs, de flash qui viennent en lien avec la respiration. Ces images ne sont pas uniquement, dans ce cas des représentations symboliques de la respiration, mais peuvent être des images symboliques liées à d’autres vécus : ainsi le fait de faire entrer en soi quelque chose qui ressource, oxygène, redonne de l’énergie, le fait de laisser sortir l’air vicié, le temps de pause dans le moment de vide ou de plein, peuvent renvoyer à des vécus tout à fait personnels et inattendus.

Proposer de laisser émerger en soi une image de ce mouvement régulier de la respiration est une autre possibilité. Les images les plus fréquentes sont les vagues, un balayage, une pendule, une balançoire. Ce passage du sensoriel au visuel n’est pas toujours aisé pour les patients et patientes. Certains n’y accèdent pas du tout. Des risques de vécu d’échec, des sentiments de dévalorisation, de tristesse, ou des pensées obsédantes, répétitives, sont autant d’obstacles à ce type d’expérimentations.

Enfin, des images peuvent être proposées, pour commencer à mettre de la pensée et des mots sur ce qui se passe à l’intérieur. Les images oscillent entre sensations, réalité anatomique, et imaginaire, souvenirs. C’est dans cet espace entre ces deux éléments, sensoriel et imaginaire, que peuvent se glisser la perspective symbolique, l’intérêt du sens, l’éveil de l’écoute de son inconscient.


    Au niveau des poumons, une image de ballon qui se gonfle et se dégonfle est proposée. C’est un « comme si ».

« Je vous invite à présent à écouter votre respiration dans votre cage thoracique. Ca se gonfle à l’inspiration et ca se dégonfle à l’expiration. Ecoutez comment vous, vous percevez cela, quelles sont les sensations que vous ressentez lors de la respiration…..

Puis, je vous invite à imaginer vos poumons, soit de façon réaliste ou de façon plus imaginaire, comme s’ils étaient des ballons qui se gonflent et se dégonflent alternativement…….

Ecoutez si ces ballons imaginaires vous semblent petits, peu gonflés ou s’ils peuvent s’inscrire dans des images de montgolfière, de voiles, d’élément qui se déploient…..

Enfin, je vous invite à vous souvenir d’un jour où vous avez eu le sentiment de prendre un « bon bol d’air » et à vous imaginez dans un paysage favorisant une respiration ample et profonde : bord de mer, montagne, nature, etc….profitez en pour goûter les éventuelles odeurs, la qualité de l’air, ou du vent….. »


     Une image de coupole est proposée pour le diaphragme, coupole qui aplati à l’inspiration et remonte à l’expiration. Cette image est proposée au plus proche de la réalité anatomique de ce muscle, dont le travail est alors décrit lors des séances de détente comme permettant à l’inspiration, aux poumons de se remplir d’air, puis de se vider. La respiration diaphragmatique permet une expérimentation très riche, articulée entre perception profonde ou superficielle, dedans et dehors.

« Je vous invite à poser vos mains dans la zone du plexus solaire, du diaphragme, pour y écouter votre respiration. Selon vos capacités de perception, vous allez plutôt percevoir le mouvement de descente de ce muscle, à l’intérieur, en profondeur, ou vous allez plutôt percevoir le mouvement des côtes qui se déploient, s’élargissent et peuvent donner la sensation qu’un élastique se dilate autour de la taille. »





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