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Des classifications

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Un très grand nombre de classification ont été proposées que l'Encyclopédie Universalis classe en 10 catégories:

  • affectives (accent sur la perception d’activation physiologique et (ou) la valeur hédonique)

  • cognitives (accent sur l’évaluation cognitive et (ou) les processus de labellisation)
  • situationnelles (accent sur les situations susceptibles de déclencher l’émotion)
  • physiologiques (accent sur les mécanismes physiques internes de l’émotion)
  • comportementales (accent sur les réponses émotionnelles observables de l’extérieur)
  • axées sur les effets perturbateurs (accent sur les effets dysfonctionnels de l’émotion)
  • adaptatives (accent sur les effets organisateurs ou fonctionnels de l’émotion)
  • multicomponentielles (accent sur les diverses composantes interconnectées de l’émotion)

  • restrictives (différenciant l’émotion d’autres processus psychologiques)
  • motivationnelles (accent sur la relation entre émotion et motivation)


Dans cet article, nous allons nous appuyer sur la catégorisation la plus largement répandue, y compris d'ailleurs, par le film vice-versa pour lequel un psychologue a planché...La distinction entre émotions primaires et émotions secondaires.


Émotions primaires ou fondamentales

Il existe un nombre déterminé d’émotions de base. 4 ou 10, selon les auteurs et leurs théories, 6 d'après Darwin (Peur, joie, dégoût, tristesse, colère, surprise). Elles sont caractérisées par 3 composantes spécifiques: des affects, des expressions comportementales et des manifestations physiologiques auxquelles ajoutent deux autres éléments plus variables: la tendance à l’action et l’évaluation cognitive. Il faut noter aussi que certains auteurs nient l’existence même les catégories que seraient les émotions de base (Ortony & Tuner, 1990; Wierzbicka, 1992). Scherer (1993) a une position plus nuancée, car il estime que que la structure des émotions est non seulement beaucoup plus flexible mais aussi beaucoup plus variée que ce qui est proposé dans le cadre des théories des émotions de base. 

Les émotions de bases sont présentes chez d'autres espèces que l'être humain et généralement de courte durée. Ces émotions dites primaires, répondent souvent à des impératifs de survie et peuvent être à la base de nos actions. Elles ne sont pas déterminées seulement par notre jugement rationnel ou notre passé individuel, mais aussi par notre passé ancestral. Ce qui explique d'ailleurs, que nous pouvons avoir des réactions émotionnelles instinctives et archaïques (pulsions de griffer ou de mordre) Elles sont en effet, déclenchées automatiquement, spontanément et rapidement par un stimulus extérieur. Il y a ensuite, sur un plan neuronal, une réaction de l'amygdale qui produit des manifestations viscérales, et enfin, nous entrons dans le temps de la perception de l'émotion. Ces émotions nécessitent donc des conditions spécifiques d'émergence avec des événements déclencheurs communs. Notre histoire et notre inconscient ont également une grande part dans cette dimension émotionnelle, dans notre façon d'être et de réagir.

Actuellement, 6 ou 7 familles d'émotions, dites universelles, sont répertoriées. Chaque famille d'émotions, comprenant des émotions proches mais avec des intensités différentes, correspondrait à une expression faciale particulière. On relève ainsi: la joie ou bonheur, la tristesse, la colère, le dégout, la peur, la surprise et , pas toujours répertorié, le mépris.



Émotions secondaires


La définition des émotions dites secondaires varient aussi, en fonction des auteurs: pour certains elles sont un mélange des émotions primaires (Plutchik), pour d'autres elles viennent masquer une émotion de base inacceptable ou non intégrée,  certains y voient un mélange d'émotion de base et de représentation mentale (Oatley et Johnson-Laird). Damasio évoque le fait que les émotions secondaires se mettent en place à l’âge adulte. Nous constatons donc que les émotions secondaires peuvent selon les théories, mais aussi et surtout selon les personnes et leurs histoires, être porteuses de plus de subtilité que les émotions primaires, pouvant ainsi enrichir la palette de nos émotions ou qu'elles peuvent être issues d'un déni ou d'un refus d'une émotion.


Sur le plan neuronal , on relève trois étapes
  • Il y a tout d'abord, la représentation consciente de l'évènement, c'est à dire l'évocation du souvenir. Des images mentales sont organisées en un processus de pensée.
  • A un niveau non conscient le cortex pré-frontal répond de façon automatique aux signaux proposés par les images.
  • Le système limbique déclenche, un état corporel, grâce aux mêmes stimulations que pour les émotions primaires:
    • du système nerveux autonome (réponse viscérale)
    • du système musculo-squelettique (muscles faciaux, posture)
    • du système endocrinien

Version "Plus de subtilité"
Les émotions secondaires sont l'aboutissement de l'apprentissage des émotions primaires, c'est à dire de l'élaboration par la pensée, de la conscientisation des réactions instinctives.Ce sont des émotions qui sont généralement engendrées par l'évocation de souvenirs et ces émotions sont matures une fois que l'on est adulte. Dans ce domaine là, l'inconscient qui est tissé dans notre corps et nos souvenirs, prend probablement une place encore plus importante qu'en ce qui concerne les émotions dites primaires, plus archaïques et instinctuelles. Les émotions secondaires, vues sous cet angle positif de maturation, apportent de nombreuses nuances et subtilités dans les 6 ou 7 émotions dites primaires. Il suffit d'aller voir une roue des émotions pour voir combien d'autre mots peuvent se décliner, amenant une plus grande richesse.

Version "Plus de masque ou de déni"
Comment une émotion secondaire peut venir masquer une émotion fondamentale? Si les émotions primaires sont vécues pleinement et de manière positive, les émotions peuvent être pleinement reconnues, intégrées, nommées, utilisées et donc traversées. Mais si, par exemple, une personne voit toute son enfance marquée par un sentiment de honte et de dévalorisation de façon trop excessive ou sans qu'il soit reconnu comme tel pas son entourage, il est alors possible de retrouver un adulte dépressif ou perpétuellement en colère, une émotion secondaire qui vient masquer la première. L'émotion fondamentale (honte) aura plus de difficultés à être reconnue clairement par l'adulte, si l'enfant n'a pas eu le moyen de décoder à temps que son sentiment de honte n'était pas une façon d'être pertinente pour lui, mais une réaction à un environnement qui a pu générer ce sentiment.Dans cet exemple, non seulement l'émotion primaire n'était pas juste, car excessive, mais de plus elle n'a pas été reconnue et nommée, se transformant en une émotion secondaire qui vient la cacher. Dans la mesure où il s'agit d"un mécanisme de défense de la personne, il reste très délicat de lui proposer de l'abandonner par une "simple" prise de conscience.



En thérapie, selon notre vision des choses et surtout celle de la personne en soins, les pistes de travail seront différentes. D'une façon globale, lors d'une thérapie, il faut garder à l'esprit qu'il ne s'agit pas de se débarrasser d'une émotion mais de pouvoir proposer des pistes de transformation pour aller vers une régulation (thérapie centrées sur le comportement) ou pour s'en servir comme un prétexte à parler de soi, de façon plus facile que lors d'associations libres (thérapies centrées sur fonctionnement intra-psychique). Les thérapies centrées sur les émotions proposent une voie intermédiaire, les émotions étant une interface en pulsions internes et comportements externes. (voir thérapies centrées sur les émotions).





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