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Processus alcoolisme



Les processus thérapeutiques qui sont le plus développés dans cet article sont centrés sur la dimension psycho-dynamique, la plus développée dans ce site. D'autres processus peuvent aussi être pris en compte et analysés, selon l'angle d'approche. Il est important de laisser se mettre en œuvre les processus thérapeutiques sans essayer de les prévoir ou de les influencer, pour que la personne puisse les découvrir par elle-même. Selon les personnes, le toxique utilisé, l'âge, la dégradation physique et cognitive, le sentiment de dévalorisation ou de honte, les processus thérapeutiques à favoriser ne seront pas les mêmes. Ils s'articulent autour de l'être (se sentir incarné et valable), autour du faire (découvrir une possibilité d'action personnalisée et autonome) et du changement possible (mise en mots et élaboration psychique autour de la dépendance si cela est possible). 




Être ou faire?


Incarnation et valorisation

Faire l'expérience de l’incarnation, la présence, le vécu de la dimension sensorielle, etc…pour redonner des expériences archaïques et régressives plus positives. (voir éprouvé ). Ces patients peuvent, en effet, avoir eu un mauvais "holding" un porter maternel qui ne donne pas un sentiment de sécurité intérieure. Une peur de la chute peut être ressentie, au sens premier du terme dans le sentiment de ne pas être suffisamment sécurisé. Les sentiments de flottement recherchés dans le toxique rejoignent d'ailleurs ce type d'expériences sensorielles. Toutes les techniques favorisant le domaine de l’éprouvé sont importantes à développer pour étayer le sentiment d’avoir le droit d’exister et d’être un bon objet.


En plus de ressentis corporels parfois flous et mal définis, les patients ont souvent une très mauvaise image d'eux-mêmes. Ils portent sur eux, un regard négatif, avec des sentiments de honte et de culpabilité. Ils sont aussi très conscients du regard négatif de la société à leur égard. Il est donc important de considérer les dimensions positives de lui-même. Il s’agit pour cela de favoriser la conscience des différents aspects de sa personnalité et non pas de la valoriser de l’extérieur, dans une illusoire narcissisation qui rendrait le patient toujours plus dépendant du regard et du jugement d’autrui. Lorsque la détente, le plaisir, émergent, ces expériences sont à souligner, à accompagner. Il faut noter à quel moment surgissent des possibilités de se laisser aller sans culpabilité, de ressentir du plaisir d’une autre manière qu’à travers l’alcool.
(voir sentiment d'existence)



Séparation et indépendance

Il est parfois difficile de résister à leur besoin de gavage, et d’action pour l’action. ( voir intérêt et limites de l'action). Leur proposer de vivre des moments de solitude est donc une piste à retenir. Le fait d'être seul(e) en présence des autres, pour faire quelque chose de personnel est donc une voie à proposer à la personne. Tout travail artisanal ou créatif personnel ira donc dans ce sens, en tentant de laisser la personne se débrouiller le plus possible par elle-même (fiches techniques, techniques simples, médiations créatives simples et sans apprentissage).

Dans ce cadre, toutes les expériences de séparation et de solitude qui seront vécues gagneront à être parlées. Ainsi, proposer des séquences de passage du groupal à l'individuel peut se révéler signifiant. Tous les vécus d'acceptation de solitude, de distinction des autres au sens de poser ses propres choix, ces moments où la personne peut dire "Je" sont importants à favoriser. Il est nécessaire de noter à quel moment ils apparaissent, pour les repérer et les accompagner car ce sont des moments clefs. La notion de séparation engage la dimension du deuil. il y a un deuil, en particulier, à faire pour ces personnes, celui du plaisir lié à l’alcool, ce qui est loin d’être évident. Il faut noter à quel moment ce deuil peut s’amorcer.




(Se)transformer


Une meilleure conscience de l’espace intérieur de ces personnes est importante, pour aider à la conscience du je et à son émergence. Cette conscience de l'espace interne, nécessite de pouvoir y reconnaitre ses propres facettes positives ET négatives. La découverte en soi d'éléments psychiques vécus comme négatifs nécessite que la personne puisse les tolérer et les exprimer, pour pouvoir les intégrer. Il ne s'agit pas, en effet, de "s'amputer" d'une part de soi-même, la part alcoolique, vécue comme négative, mais d'intégrer cette facette et la transformer si cela est possible grâce à l'élaboration psychique. Lorsque l'expression de l'affectivité qui est évitée, habituellement, l'expression des sentiments et notamment ceux de tristesse ou de colère commencent à apparaître, une évolution est en cours. (voir élaboration psychique)


Ces personnes présentent une difficulté à la mentalisation, une faille dans leurs capacités de représentations. Et l'objet alcool vient combler cette faille de représentation mentale. Toute activité doit donc permettre de développer les capacités imaginaires, d'associations d'idées, de créativité. Les temps de pause entre les séances et les temps de verbalisation personnelle durant les séances permettent cette élaboration psychique progressive et il sera alors possible que le processus d’introspection puisse s’amorcer. La conscience du sens du symptôme peut-être possible pour certains patients, tandis que d'autres ne pourront pas accéder à cette dimension introspective et de symbolisation. La dimension de la pulsion de mort est présente car l'alcool peut être considéré comme un équivalent suicidaire. Il faudra alors utiliser des méthodes plus cognitives ou type éducation thérapeutique.




Fin de thérapie et sortie


La durée d’hospitalisation peut varier (sevrage bref ou amorce de psychothérapie.)


En ergothérapie, il est important de favoriser une parole sur les productions, sur le ressenti et l’évolution de l’hospitalisation. Le moment de séparation est important à bien gérer, à verbaliser, à préparer.


Un travail sur le retour à domicile peut être nécessaire.


Contrat de sevrage ou de temps, post-cures, groupes d'anciens alcooliques, suivi psycho thérapeutique, addictologique, social.

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