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Processus personnalités états-limites



Les processus thérapeutiques qui sont le plus développés dans cet article sont centrés sur la dimension psycho-dynamique, la plus développée dans ce site. D'autres processus peuvent aussi être pris en compte et analysés, selon l'angle d'approche nécessaire à la personne et selon l'orientation de l’ergothérapeute.


Être ou faire?

          L’espace intérieur est marqué par le clivage (non pas du moi comme dans la psychose), mais en bon et en mauvais objet. (voir position dépressive chez Mélanie Klein). C'est un peu comme si ces personnes ne pouvaient supporter en elles-mêmes que des dimensions jugées positives, des parties d'elle-mêmes idéalisées. L'idéal du moi très important. Ces personnes ont une grande fragilité narcissique qu’ils compensent par un désir d’accomplissement, des fantasmes de réalisation positive, une apparente surestimation d’eux-mêmes, un besoin d’être reconnu et d’exister dans le regard d’autrui. Aucun défaut n’est toléré, ni en eux-mêmes et encore moins dans leur objet d’amour. L’espace intérieur est fantasmé parfait. En fait, le plus souvent il est plutôt "vide", l’imaginaire pauvre et les représentations mentales peu élaborées, difficiles à exprimer. Des personnalités de façade viennent masquer tout cela et parfois même, des personnalités hyper normatives sont présentes. Lorsque le sujet retrouve une estime de soi, il devient capable de discerner des dimensions nouvelles et d’intégrer des dimensions négatives de lui-même sans pour autant chercher à se détruire.

La notion d’espace intérieur personnel et intime est importante. Lorsque ces personnes retrouvent cette notion, où la découvrent, il leur est alors possible de se considérer comme sujet et de se prendre comme centre d’intérêt et de compréhension de leurs processus psychiques. Ils peuvent aussi expérimenter qu'il est possible simplement d’être là, sans faire. Il est parfois, besoin d'un arrêt pour prendre du temps, pour se laisser aller, pour régresser et accepter la montée en soi de sentiments de tristesse, de dégoût, de dévalorisation, d'incapacité, d'inutilité. Dans ce cas, faire faire quelque chose pour oublier les soucis, penser à autre chose, fuir dans l'activité pour lutter contre le vide, sera néfaste. il est important, dans ces cas là, de ne pas entrer dans cette illusion avec eux et de laisser se développer des activités de remplissage, destinées à combler, produire, imiter des modèles extérieurs, se sentir utile, etc…Parfois les personnes ne peuvent plus tricher ainsi et faire semblant d'agir pour bloquer leurs sentiments authentiques et il est important de les accompagner, d'être présent, de respecter cela.



(Se)transformer

          Pour ces personnes, le plus souvent, il y a eu un  traumatisme initial émoi sexuel ou agressif, qui a débordé les capacités d'intégration psychique de la personne. Cet afflux d'énergie pulsionnel n’a pas pu être parlé, élaboré, mis à distance. La mentalisation devient difficile voir impossible. Le principal travail à leur proposer est donc l'élaboration psychique, qui pour eux sera centrée sur l'élaboration des pulsion d'agressivité et aussi, si possible et si nécessaire, autour de l'élaboration psychique du traumatisme. Généralement, l'élaboration psychique du trauma se fait dans la parole en psychothérapie tandis qu'en ergothérapie, nous pouvons contribuer à l'élaboration des pulsions. La plupart du temps ces personnes luttent activement contre des émergences inconscientes liées à la pulsion de mort. Les activités qui favorisent l'expression des pulsions d'agressivité, permettront à la personne de commencer à pouvoir décharger leurs pulsions destructives. Il s'agit d'une première étape, évitant déjà que ces pulsions destructives se retournent contre la personne. (scarifications, tentatives de suicide). Mais cette décharge pulsionnelle et énergétique ne suffira pas à soutenir la nécessaire mentalisation qui fait défaut à ces personnes.

Pour permettre l'élaboration psychique, il faut que l'énergie de la pulsion puisse se lier dans des représentations mentales. En ergothérapie, l'accompagnement que nous pouvons proposer autour des mises en formes, sera de proposer des mises en représentations de façon concrète, matérielle, visible. Le simple fait de transformer une matière va permettre cette mise en formes. Si l'activité pratiquée est de nature artisanale et propose des apprentissages techniques et des modèles, les découvertes identitaires possibles resteront dans le domaine d'une recherche de normalisation, d'adaptation à ce qui est attendu et demandé par la société. Si les médiations proposent des expériences projectives, des possibilités de créer, les expériences identitaires permettront à la personne d'explorer sa singularité.Ce travail va donc permettre de projeter des éléments intra-psychiques dans les objets ainsi réalisés, créés, pour que la personne puisse ensuite intérioriser ces représentations, pour qu'elles deviennent mentales. Puis c'est une mise en mots qui sera nécessaire, pour permettre d'achever cette élaboration psychique, dite aussi mentalisation. Ce travail de mentalisation sera la seule garantie que l'énergie psychique cessera d'alimenter les pulsions d'auto-agressivité.


Sortie
Dans le cas de ces personnes la sortie doit être soigneusement préparée, car la séparation est au c½ur de leur problématique. Les angoisses de séparation dites aussi anaclitiques (s'appuyer sur), vont se ré-activer. Ce temps de séparation seront donc l'occasion de pouvoir travailler sur ces difficultés liées à la séparation et à un sentiment d'abandon souvent très important.


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